Par Robert Inkalesh

Les Palestiniens qui attaquent les forces armées d’occupation ne sont pas des terroristes au regard du droit international et pour que la violence cesse, il faut apprendre à comprendre pourquoi les attaques armées contre les forces d’occupation israéliennes se produisent.
Ce lundi soir à Jérusalem-Est, à l’une des portes d’entrée de Masjid al-Aqsa, Mahmoud Kamil, dix-sept ans, a tenté d’attaquer les forces de police d’occupation israéliennes armées. L’adolescent a ensuite été abattu par plus de 15 balles.

Suite à cet incident, les médias israéliens ont honteusement qualifié de « terroriste » l’enfant de 17 ans originaire de Qabatia, à Jénine (Cisjordanie). Ce qui démontre le manque total d’empathie envers les enfants palestiniens et le rejet total des raisons pour lesquelles un jeune de 17 ans serait poussé à mettre sciemment sa propre vie en danger pour attaquer les forces israéliennes militarisées.

L’histoire de Mahmoud Kamil symbolise le pur désespoir partagé par de nombreux adolescents palestiniens vivant sous une occupation militaire brutale. Dans les médias, nous entendrons sans doute d’autres reportages décrivant la scène d’un « terroriste » « neutralisé », comme pour dire que Mahmoud était une sorte de robot tueur. La politique israélienne de punition collective, consistant à raser au bulldozer la maison familiale des « terroristes », sera également mise en œuvre, ainsi que la détention du corps du jeune Mahmoud afin qu’il n’ait pas de sépulture légitime. Ces actes condamnés par les principales organisations internationales et locales de défense des droits de l’homme, telles qu’Amnesty International et B’Tselem, sont rarement rapportés dans la presse occidentale institutionnalisée.

De plus, il faut aborder un autre élément clé de cette affaire : le droit à la résistance armée pour les Palestiniens en général. Lors de l’examen de cette question, il est essentiel de noter que l’événement de Jérusalem est une question tragique et doit être traité comme un cas individuel, d’autant plus qu’un mineur a été impliqué. Comme l’attaque et l’exécution ultérieure du jeune Mahmoud ont malheureusement été liées à la question de la résistance armée, en raison de la nature du scénario, il s’agit d’un cas qui ne doit pas être assimilé à la légère au discours légal sur la résistance armée. Il est essentiel de le comprendre, car le fait de mettre un mineur dans le même panier que le discours sur la lutte de libération incite souvent l’opposition à monter un contre-argument pour expliquer pourquoi l’acte est en fait du terrorisme.

Un mineur est un mineur et nous devons donc nous efforcer de comprendre le tourment psychologique qui a conduit cet adolescent à une telle extrémité. La tragédie qui s’est produite à Jérusalem, dans laquelle un adolescent palestinien a eu le sentiment qu’il n’avait pas d’autre choix que d’attaquer un ennemi dont il savait qu’il lui ôterait la vie, est le résultat d’une occupation militaire illégale apparemment sans fin. C’est sur ce point que le débat devrait se concentrer sur cette affaire et non sur la question suivante.

Droit légal de résister ou terrorisme ?

La réalité est souvent inversée lors des débats sur le conflit israélo-palestinien, les forces armées d’occupation étant présentées comme la partie innocente et les personnes occupées qui luttent contre la colonisation étant présentées comme des sauvages assoiffés de sang. Alors mettons les choses au clair, un Palestinien vivant sous occupation a le droit légal de résister à la force occupante, cela reste un fait, que vous soyez pour ou contre la résistance violente.

Si l’on considère la question de la résistance armée au sens large, selon le « Protocole additionnel 1″ aux Conventions de Genève (1949), tous les peuples ont droit, en vertu du droit humanitaire international, à des luttes armées de libération nationale. Le peuple palestinien a même été mentionné nommément dans la Résolution 2787 de l’Assemblée générale des Nations unies en 1971 :
« Réaffirmant les droits inaliénables de tous les peuples, notamment de ceux du Zimbabwe, de Namibie, de l’Angola, du Mozambique et de Guinée (Bissau), ainsi que du peuple palestinien, à la liberté, l’égalité et l’autodétermination et la légitimité de leur lutte pour recouvrer ces droits. »

Il est également clair que selon le droit international, en remontant à la Résolution 3314 de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU) de 1974, il est inacceptable qu’un État s’engage dans l’occupation militaire d’un territoire étranger.

Le 29 novembre 1978, avec la Résolution A/RES/33/24 de l’Assemblée générale des Nations unies, le droit à la lutte armée a été réaffirmé, car il a été déclaré que l’organe reconnaissait « la légitimité de la lutte des peuples pour l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité nationale et la libération de la domination coloniale et étrangère et de l’occupation étrangère par tous les moyens disponibles, en particulier la lutte armée« . Ce droit légitime et défendable en vertu du droit international, confirmé à nouveau dans la résolution 37/43 de l’AGNU en 1982, ne correspond donc à aucune définition raisonnable du terrorisme.

Refuser aux Palestiniens le droit de résister à une force d’occupation étrangère, c’est se prononcer contre le droit international. Ce n’est pas une question d’opinion.

Lorsqu’il s’agit d’attaques commises contre les forces d’occupation israéliennes à l’intérieur de Jérusalem-Est, ce droit légal de résister en recourant à la lutte armée s’applique également. Jérusalem-Est est illégalement occupée par Israël depuis 1967. Bien qu’Israël ait illégalement annexé Jérusalem-Est en 1980, la revendiquant donc et y appliquant un système juridique différent, la communauté internationale considère toujours le territoire comme occupé. En vertu de la Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies, Israël doit se retirer de tous les territoires qu’il a occupés lors de la guerre de juin 1967, y compris Jérusalem-Est.

La brutalité quotidienne endurée par les Palestiniens sous occupation est ce qui alimente ce genre d’attaques et le refus d’Israël de regarder ce fait en face montre qu’il ne cherche pas du tout à changer la réalité.

Les Palestiniens conservent leur droit légal à la résistance armée et si vous n’êtes pas d’accord avec ce droit, alors vous êtes en désaccord avec le droit international et l’opinion majoritaire des Nations Unies. L’affirmer n’est pas un plaidoyer en faveur de la lutte armée, mais un fait indiscutable.

Source : Quds News Network

Traduction : MR pour ISM

Source : ISM
http://www.ism-france.org/…