Par l’Agence Média Palestine
Point hebdomadaire sur la situation en Cisjordanie occupée : semaine du 28 octobre au 3 novembre 2026
La ville d’Hébron reprend progressivement vie en ce début de semaine, après un siège de 10 jours imposé par l’armée israélienne, qui y a mené une brutale opération militaire conduisant au déplacement forcé de plus de 3 300 Palestinien-nes, provoquant des dégats matériels d’au moins 1,9 million de dollars de dégâts matériels et des pertes économiques considérables dans cette ville qui représente 40% de l’activité économique de la Cisjordanie occupée.
Voir notre article sur le retrait israélien de la ville palestinienne d’Hébron :
Un journaliste arrêté alors qu’il couvrait un raid de l’armée israélienne
En parallèle de son agression contre la ville d’Hébron, l’armée israélienne a mené cette semaine encore de brutales opérations à travers l’ensemble de la Cisjordanie occupée. Dans la nuit d’hier à aujourd’hui, mardi 3 novembre, l’armée israélienne a mené un raid dans la ville de Dura, à proximité d’Hébron. 20 hommes palestiniens, dont le journaliste d’Al Jazeera Montaser Nassar, ont été arrêtés et détenus pendant plusieurs heures avant d’être libérés ce matin.
Al Jazeera rapporte que Montaser Nassar couvrait le raid des militaires israélien-nes lorsqu’il a été arrêté. Une vidéo montre les forces israéliennes le conduisant, menotté et les yeux bandés, vers un véhicule militaire. La chaîne affirme qu’il a été brutalisé, ainsi que sa femme, au moment de l’arrestation.
Les autorités israéliennes ont relâché Montaser Nassar et les autres hommes arrêtés à Dura après les avoir détenus pendant plusieurs heures dans un camp militaire situé près du camp de réfugiés d’al-Fawwar, au sud d’Hébron. Le journaliste rapporte qu’ils ont subi des violences physiques de la part des soldat-es israélien-nes, « menottés dans le dos, les yeux bandés et agressés » et contraints de demeurer dans des positions « épuisantes » avant que des agents du Shin Bet n’arrivent et ne commencent à les menacer.
Ces détentions interviennent dans un contexte de pressions croissantes exercées sur les journalistes palestinien-nes en Cisjordanie occupée. Le Syndicat des journalistes palestinien-nes a recensé 84 violations de la liberté de la presse commises par les forces israéliennes et les colons au mois d’août, parmi lesquelles des arrestations et un décès en détention, et au moins 40 journalistes palestinien-nes sont actuellement emprisonné-es, dont la moitié au titre de la « détention administrative », soit sans procès ni charges connues.
Le mois dernier, Francesca Albanese a présenté à l’Assemblée des Nations Unies son dernier rapport, « la vérité sous les décombres », qui dénonce un ensemble d’ « atteintes à la vérité » et d’entraves à la liberté d’informer perpétrées par Israël, constituant selon Albanese un « médiacide ».
Des Palestiniens et activistes internationaux agressés à Masafer Yatta
Trois journalistes activistes accusent des colons israéliens de les avoir agressé mercredi 28 octobre à Umm al-Khair, dans la région de Masafer Yatta.Sur la plateforme X, la journaliste et activiste russe Adèle Shoko a indiqué qu’elle-même, le journaliste états-unien Jasper Nathaniel et le militant israélo-russe Andrey X avaient été passés à tabac et menacés par des colons armés qui leur avaient volé leur matériel et leurs effets personnels.
« Andrey a été violemment frappé et a perdu connaissance à plusieurs reprises devant la police. Malgré cela, on lui a refusé toute prise en charge hospitalière. Il a été placé dans une ambulance, mais au lieu d’être conduit à l’hôpital, il a été emmené au poste de police. Il s’y trouve toujours, en état d’arrestation et privé de soins médicaux », affirme l’un des posts d’Adèle Shoko, cité par Al Jazeera.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, des familles palestiniennes de la région de Masafer Yatta ont été confrontées à de nouvelles menaces d’expulsion forcée. L’organisation caritative britannique Medical Aid for Palestinians (MAP) indique que des colons armés et masqués ont pénétré dans la communauté palestinienne d’Al-Shuneh, près de Jiftlik, vers 2 heures du matin, encerclant trois habitations et menaçant d’expulser les résidents s’ils ne partaient pas « de leur plein gré ».
Les colons auraient endommagé la voiture d’un habitant et volé un réservoir d’eau de 1,5 mètre cube avant de regagner une colline voisine, où ils semblent avoir établi une colonie illégale la veille. Selon MAP, environ 80 familles vivent dans l’incertitude quant à leur capacité à rester chez elles, les habitants ayant déjà du mal à accéder aux services de base.
Explosion de violence contre la récolte des olives
Le mois d’octobre a enregistré le plus grand nombre d’attaques de colons israéliens jamais enregistré en vingt ans, soit depuis le début de leur recensement par l’OCHA en 2006, avec 397 attaques entraînant des victimes palestiniennes ou dégâts matériels sur leurs propriétés rapportées entre le 1 et le 26 octobre, date de publication du rapport le plus récent de l’organisation.
Une majorité de ces attaques a pris pour cible la récolte des oliviers par les agriculteur-ices palestinien-nes. La récolte des olives occupe une place centrale pour des dizaines de milliers de familles palestiniennes de Cisjordanie occupée. Elle constitue un moyen de subsistance et un filet de sécurité économique en même temps qu’un événement familial et communautaire, ainsi qu’une expression des liens qui unissent les Palestinien-nes à leur terre et à leur patrimoine historique et culturel.
C’est justement parce que la récolte est à l’intersection de tous ces enjeux qu’elle est prise pour cible par les colons israéliens, dénoncent les Palestinien-nes et leur soutien. Le Centre d’information israélien pour les droits humains dans les territoires occupés B’Tselem dénonce ces attaques comme « s’inscrivant dans le cadre du projet d’élimination mené par Israël en Cisjordanie. Elles illustrent comment les cinq volets du mécanisme d’élimination – violence et intimidation, restrictions de circulation, étranglement économique, destruction sociale et politique, ainsi que nettoyage ethnique et mainmise territoriale – fonctionnent de concert et se renforcent mutuellement. Ensemble, ils sapent les conditions qui permettent aux Palestiniens d’exister en tant que collectivité sur leur terre, tout en facilitant l’extension du contrôle israélien sur le territoire. »
Dans un nouveau rapport, l’organisation publie de nombreux témoignages accablants et alerte que « ces attaques fréquentes et généralisées ont rendu véritablement dangereuse, voire parfois impossible pour de nombreux agriculteurs, la simple tentative de se rendre dans les oliveraies pour récolter les olives. »

Source : Agence Media Palestine
https://agencemediapalestine.fr/…
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