Photo ONU /Martine Perret Un officer de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum
au Sahara occidental (MINURSO), lors d’une patrouille de surveillance (photo d’archives).
Par ONU Info
Source : ONU Info
La liquidation de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) a débuté dimanche 1er novembre, après la fin de ses opérations faute de renouvellement de son mandat par le Conseil de sécurité de l’ONU.
Lundi, l’ONU a précisé les modalités de ce retrait, qui prévoit notamment le rapatriement d’environ 160 observateurs militaires, le départ de 180 personnels civils et la fermeture de 13 installations.
« Une équipe réduite, relevant du Département de l’appui opérationnel, supervisera désormais, sur le terrain et avec le soutien du siège de l’ONU, la fermeture ordonnée et écologiquement responsable des sites exploités par la MINURSO ainsi que leur transfert », a indiqué le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric lors d’un point de presse à New York.
Cette opération sera menée progressivement, conformément aux procédures habituelles des Nations Unies en matière de fermeture de missions. Elle comprendra également le transfert ou la cession des biens et équipements de l’ONU, le démantèlement des systèmes de communication et de soutien logistique, la gestion des archives et la clôture des contrats en cours.
L’ONU entend maintenir un contrôle administratif, financier et sécuritaire tout au long de cette période, tout en veillant à la sécurité et au bien-être de son personnel.

MINURSO/Josefina Patlan Une femme Casque bleu de la Mission des Nations Unies
pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) lors d’une patrouille dans le désert.
35 ans de présence au Sahara occidental
La MINURSO a cessé ses opérations samedi 31 octobre à minuit, après 35 années de présence dans le territoire. Vendredi, le Conseil de sécurité n’est pas parvenu à s’entendre sur le renouvellement de son mandat : un projet de résolution américain s’est heurté au veto de la Russie, tandis que le texte concurrent présenté par Moscou n’a pas obtenu les neuf voix nécessaires à son adoption.
Le projet américain prévoyait de renouveler le mandat de la MINURSO, qui arrivait à échéance le 31 octobre, tout en supprimant la référence au « référendum » dans son intitulé. Il consacrait par ailleurs le plan d’une « autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine » comme « seule base » de négociation en vue d’un règlement politique du conflit. À l’inverse, le texte russe proposait une simple prorogation « technique » d’un an du mandat de la mission, sans en modifier ni le mandat ni les objectifs.
Créée en 1991, la mission avait notamment pour objectif de surveiller le cessez-le-feu et de préparer un référendum permettant au peuple du Sahara occidental de choisir entre l’indépendance et l’intégration au Maroc. Ce scrutin n’a jamais eu lieu.
À la fin de son déploiement, la MINURSO comptait des employés civils, des observateurs militaires et des officiers d’état-major issus de plus de 35 pays. Elle disposait de son quartier général à Laayoune, de neuf bases d’opérations – quatre à l’ouest du mur de sable et cinq à l’est – ainsi que d’un bureau de liaison à Tindouf.
Dans une déclaration publiée dimanche, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a rendu hommage aux personnels de la mission, notamment à son chef, Alexander Ivanko, et aux 20 membres du personnel qui ont perdu la vie au cours de ces 35 années.

Photo de l’ONU/ Martine Perret Des Sahrahouis photographiés lors d’une patrouille de la MINURSO.
Le droit à l’autodétermination demeure
Le chef de l’ONU a également tenu à souligner que la fin de la mission ne signifiait pas l’abandon du peuple sahraoui. Son départ « ne remet nullement en cause » son « droit inaliénable à l’autodétermination », a-t-il insisté, appelant toutes les parties à respecter et à promouvoir ces droits.
Les Nations Unies restent disposées à soutenir les efforts visant à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, notamment par l’intermédiaire de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura.
Enfin, face aux risques d’escalade dans le territoire, António Guterres a appelé toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue et à s’abstenir de toute action susceptible d’aggraver les tensions ou de compromettre la stabilité régionale. Il compte sur leur pleine coopération pour mener à bien la liquidation de la MINURSO dans les meilleurs délais.
Source : ONU Info
https://news.un.org/fr/…
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