Les grèves françaises, le dernier piège d’un système à bout de souffle

Les grèves françaises, le dernier piège d’un système à bout de souffle
[photo d’illustration] – Source: Gettyimages.ru

Par Alexandre Regnaud

Source : RT

Grève de la fonction publique, mobilisation lycéenne : la France a connu cette semaine les traditionnelles manifestations qui font sa réputation. Mais cela sert-il encore réellement à quelque chose ? Une analyse d’Alexandre Regnaud.

Les Français en grève, défilant dans les rues, banderoles au vent et mégaphone en main. L’image est éculée et participe à la réputation, souvent moquée, de la France dans le monde entier. Cette semaine n’a pas fait exception. L

e 29 septembre, c’était la grève de la fonction publique. En cause : le gel du point d’indice (c’est-à-dire, concrètement, des salaires) pour l’année 2027. Ce qui signifie que les fonctionnaires verront leur pouvoir d’achat diminuer d’autant que sera forte l’inflation. Sur les dix dernières années, cela représenterait une baisse de 16 %, soit l’équivalent d’un manque à gagner de 327 euros par mois pour un agent de catégorie C et de 635 euros pour un agent de catégorie A. Une dégradation qui oblige l’État à verser des indemnités différentielles à certains agents des premiers échelons, dont la rémunération est désormais inférieure au minimum légal.

Même si les fonctionnaires restent encore majoritairement (et par inertie) perçus comme des privilégiés par une grande partie de la population, la situation doit malgré tout interpeller.

La quasi-totalité des syndicats appelait donc à une grande mobilisation, avec plus de 170 manifestations organisées à travers le pays. Résultat : entre 200 000 et 300 000 manifestants (pour 5,8 millions de fonctionnaires en France) et des taux de grévistes inférieurs à 10 %. D’une manière générale, le maximum de grévistes atteint ces dernières années était de 18 %, en décembre 2024.

En parallèle, on ne s’attardera pas outre mesure sur la « mobilisation » lycéenne. Mélange de jeunes nostalgiques d’un Mai 68 qu’ils ne connaîtront jamais et, surtout, de racailles profitant du mouvement pour tout casser : un autre classique français. Résultat, en une journée : 440 interpellations, près de 80 blessés (forces de l’ordre, élèves et personnels confondus) et environ un million d’euros de dégâts rien qu’en Île-de-France, mardi. Quasiment le double mercredi. Puis tout le monde rentrera sagement en classe, jusqu’à la prochaine « émotion » adolescente, mise en scène et récupérée par l’extrême gauche.

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