Israël et Palestine : la solution à deux États est la « seule voie crédible vers une paix durable »

© Adobe Stock / Voddol Une barrière de sécurité israélienne délimite une zone résidentielle en Cisjordanie.

Par ONU Info

Source : ONU Info

La solution à deux États ne peut plus se limiter à des déclarations de soutien : elle doit désormais se traduire par des décisions et des mesures concrètes, a déclaré mardi le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors d’une réunion de haut niveau à New York consacrée à l’avenir de la Palestine et d’Israël.

« Aujourd’hui plus que jamais, [ce soutien] doit se refléter dans les politiques menées, les décisions prises et les mesures adoptées », a lancé le chef de l’ONU, lors de cette réunion organisée par le Canada, la France, le Royaume-Uni et l’Arabie saoudite, en marge du débat général de l’Assemblée générale.

Un an après que plusieurs pays ont reconnu l’État de Palestine, António Guterres a réaffirmé que la solution à deux États, fondée sur les frontières d’avant 1967 et le droit international, reste « la seule voie crédible vers une paix et une sécurité durables » pour les Palestiniens et les Israéliens.

Quelques heures plus tôt, à l’ouverture du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale, le Secrétaire général avait appelé les dirigeants du monde à ne pas perdre de vue la situation dramatique dans le Territoire palestinien occupé.

« Nous ne pouvons pas laisser la solution à deux États disparaître sous nos yeux », a-t-il déclaré.

António Guterres a rappelé que près de trois ans se sont écoulés depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023. Il a décrit ce qui a suivi à Gaza comme une offensive contre les Palestiniens, marquée par une ampleur des morts et des destructions « sans précédent » au cours de ses années comme Secrétaire général.

Il a appelé toutes les parties à respecter le droit international ainsi que les mesures conservatoires juridiquement contraignantes ordonnées par la Cour internationale de Justice dans l’affaire concernant l’application de la Convention sur le génocide à Gaza.

© Adobe Stock/ImageBank4U Un mur sépare la ville palestinienne de Shuafat d’Israël.

Lors de la réunion de haut niveau, le chef de l’ONU a averti que les conditions nécessaires à la création d’un État palestinien indépendant, démocratique, viable, souverain et d’un seul tenant sont « systématiquement réduites à néant » dans le Territoire palestinien occupé.

Il a notamment dénoncé l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ainsi que l’augmentation de la violence des colons.

Les démolitions, expulsions, déplacements de population et confiscations de terres créent, selon lui, « un climat de plus en plus coercitif » et font planer « le spectre d’un nettoyage ethnique ».

António Guterres a particulièrement mis en garde contre le projet de colonisation dans la zone E1, estimant que sa mise en œuvre « porterait un coup fatal » à la perspective d’un État palestinien viable et d’un seul tenant.

Le projet prévoit environ 3.400 logements pour des colons israéliens. Située entre Jérusalem et Maalé Adoumim, la zone E1 est considérée comme stratégique : sa construction couperait en deux la Cisjordanie et contribuerait à rendre impossible toute solution à deux Etats.

Le Canada, la France, le Royaume-Uni et plusieurs autres pays ont récemment annoncé des mesures concernant les produits issus des colonies israéliennes, tout en réaffirmant leur soutien à la solution à deux États.

À Gaza, le Secrétaire général a estimé que les promesses d’un avenir meilleur resteraient vaines sans changements concrets sur le terrain.

« Le plan de paix doit être pleinement mis en œuvre », a-t-il insisté.

Il a également rappelé que l’ONU doit pouvoir remplir son mandat à Gaza et que son personnel ainsi que les travailleurs humanitaires doivent être protégés.

Pour António Guterres, Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, doivent rester « intégrées sur les plans politique, économique et territorial », sous l’autorité d’un gouvernement palestinien unique, légitime et souverain.

L’objectif reste celui de deux États indépendants, souverains et démocratiques, Israël et la Palestine, vivant côte à côte « dans la paix et la sécurité », à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, sur la base des frontières d’avant 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux États.

« Il n’y a tout simplement pas d’autre solution », a conclu le Secrétaire général. « Et le temps presse ».

Source : ONU Info
https://news.un.org/fr/…

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