Par Rami Abou Reida

Cet enfant, amputé des deux bras au-dessus des coudes, qui a perdu une partie du pied droit ainsi que la partie inférieure de sa jambe gauche, court derrière un petit ballon avec son corps amaigri et épuisé par la guerre, à la recherche d’un instant de jeu… 𝗨𝗻 𝗶𝗻𝘀𝘁𝗮𝗻𝘁 𝗱’𝗲𝗻𝗳𝗮𝗻𝗰𝗲.

À cet instant, il ne mesure pas ce qu’il a perdu. Son énergie est plus forte que ses blessures, et sa joie de jouer au ballon est plus forte que tout ce que la guerre lui a pris. Il court avec toute la force qui lui reste, prenant appui sur l’os de sa jambe, essayant d’en faire un pied capable de porter son corps, dans une rue couverte de décombres et de ruines.

Le monde entier a vu cette vidéo.

Mais je me demande : 𝗾𝘂’𝗮𝘃𝗲𝘇-𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁𝗶 𝗲𝗻 𝘃𝗼𝘆𝗮𝗻𝘁 𝗰𝗲𝘁 𝗲𝗻𝗳𝗮𝗻𝘁 ?

Que reste-t-il de votre humanité face à un enfant qui n’a plus ses deux bras ni ses deux jambes intactes, mais qui possède encore une chose : 𝗹’𝗲𝗻𝘃𝗶𝗲 𝗱𝗲 𝗷𝗼𝘂𝗲𝗿 ?

Vous qui parlez chaque jour des droits de l’enfant, des droits humains, de la dignité et de la civilisation… que deviennent tous ces principes lorsqu’il s’agit des enfants de Gaza ?

Cet enfant grandira un jour. Il devra vivre avec un corps et une mémoire marqués par la guerre. Il devra apprendre à vivre avec ce qui lui reste et à construire son avenir, après que la guerre lui a volé une partie de son enfance.

Et peut-être fait-il partie des rares enfants que la caméra a pu montrer.

𝗠𝗮𝗶𝘀 𝗾𝘂’𝗲𝗻 𝗲𝘀𝘁-𝗶𝗹 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗶𝗹𝗹𝗶𝗲𝗿𝘀 𝗱’𝗲𝗻𝗳𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗾𝘂𝗲 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗻’𝗮 𝗳𝗶𝗹𝗺𝗲́𝘀 ?

De ceux qui ont perdu leurs parents, leurs membres, leurs maisons, leurs écoles et leurs amis ? De ces enfants dont il ne reste parfois de l’enfance que la peur, la faim, le déplacement et l’attente ?

Une caméra peut capturer une image, mais elle ne peut pas capturer toute la douleur.

Derrière cet enfant, il y a des milliers d’histoires qui n’ont jamais été racontées, des milliers de petits visages que le monde n’a jamais vus.

Ce n’est pas seulement l’image d’un enfant qui court derrière un ballon. C’est le message d’une enfance qui essaie de dire au monde :

𝗝𝗲 𝘀𝘂𝗶𝘀 𝘁𝗼𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗹𝗮̀… 𝗺𝗮𝗹𝗴𝗿𝗲́ 𝘁𝗼𝘂𝘁.

Gaza est pleine de ces histoires.

Alors, reste-t-il dans ce monde quelqu’un capable de voir l’enfant d’abord… avant la politique, avant les frontières et avant tous les calculs ?

𝗩𝗼𝗶𝗹𝗮̀ 𝗹’𝗲𝗻𝗳𝗮𝗻𝗰𝗲 𝘀𝗮𝗰𝗿𝗶𝗳𝗶𝗲́𝗲.

𝗟’𝗲𝗻𝗳𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗚𝗮𝘇𝗮 𝗺𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝘃𝗶𝘃𝗿𝗲, 𝗲𝘁 𝗻𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗱𝗲𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗱𝗲 𝘀𝗶𝗺𝗽𝗹𝗲𝘀 𝗶𝗺𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗳𝘂𝗴𝗶𝘁𝗶𝘃𝗲𝘀 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗲́𝗰𝗿𝗮𝗻𝘀 𝗱𝘂 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗲.

16 septembre 2026

Rami Abou Reida

𝗗𝗲𝗽𝘂𝗶𝘀 𝗺𝗮 𝘁𝗲𝗻𝘁𝗲, 𝗮𝗹-𝗠𝗮𝘄𝗮𝘀𝗶, 𝗞𝗵𝗮𝗻 𝗬𝗼𝘂𝗻𝗶𝘀, 𝗚𝗮𝘇𝗮.

Source : la page FB de l’auteur
https://www.facebook.com/RamiAbouReida

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