Rapport du CPI
Centre d’information palestinien
Se rendre au travail n’est plus une chose normale pour Mahmoud Jahjouh (35 ans), qui, ces derniers mois, a dû marcher quotidiennement du centre de Khan Younis jusqu’au quartier d’Al-Mawasi, pour échapper aux coûts élevés des transports et au manque de monnaie chez les conducteurs.
Jahjouh explique que ses revenus limités ne suffisent plus à couvrir ses frais de transport, dans des conditions de vie qui se dégradent de jour en jour.
Charges quotidiennes
La souffrance de Jahjouh n’est pas différente de la réalité de milliers de citoyens de la bande de Gaza, où la forte hausse des prix du carburant a doublé le fardeau de la vie quotidienne, notamment avec la propagation du chômage et de la pauvreté.
Les citoyens confirment que les transports sont devenus un fardeau quotidien qui absorbe le peu de revenus qui leur reste, en l’absence de solutions concrètes.
Pour sa part, le chauffeur Shadi Hamdan qualifie les prix du carburant de « délirants », expliquant que le prix d’un litre de diesel a atteint environ 36 shekels, tandis que celui de l’essence a atteint environ 80 shekels, en plus de sa rareté sur les marchés.

Il ajoute que son véhicule consomme plus d’un litre par trajet, ce qui l’a contraint à doubler le tarif, en plus d’augmenter le nombre de passagers pour couvrir les coûts.
Il souligne que la hausse des prix du pétrole et des pièces détachées a exacerbé la crise, en déclarant : « Tous ces facteurs nous ont contraints à augmenter le prix. »
Le maillon faible
En revanche, les citoyens estiment que ces justifications n’atténuent pas leurs souffrances, soulignant qu’elles constituent le maillon faible face à cette crise complexe, où s’entremêlent des facteurs économiques et humanitaires complexes.

Dans un contexte similaire, Mohammed Hamad, gérant d’une station-service, confirme que la principale raison de la crise est la réduction des quantités de carburant entrant dans la bande de Gaza, expliquant que le carburant n’a pas été acheminé vers le secteur commercial depuis le début de la guerre en octobre 2023 et qu’il a été limité à des quantités restreintes allouées aux secteurs vitaux.
Hamad ajoute que les quantités qui entraient au début de la crise variaient entre 300 000 et 400 000 litres par semaine, ce qui suffisait à peine à faire fonctionner les hôpitaux et les ambulances, avant d’augmenter par la suite à environ deux millions de litres par semaine, ce qui a permis d’étendre la distribution à certains secteurs de services.
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Il a souligné que la période d’accalmie du début de 2025 avait été marquée par une nette amélioration, les quantités atteignant environ un million de litres par jour, ce qui s’était traduit par une baisse des prix, qui se situaient alors entre 18 et 20 shekels le litre. Toutefois, cette amélioration fut de courte durée, avec le retour des restrictions et leur récent durcissement.

Hamad confirme que les besoins en carburant de la bande de Gaza étaient d’environ 6 millions de litres par semaine avant la guerre, mais qu’ils ont maintenant doublé en raison de la dépendance aux générateurs électriques, suite à la fermeture de la centrale électrique, ce qui a exacerbé la crise.
De son côté, l’Autorité pétrolière de Gaza a annoncé qu’elle s’efforçait de réduire le marché noir et d’assurer une distribution équitable du carburant, soulignant que le cœur du problème résidait dans la rareté des quantités importées par rapport à la demande croissante.
Source : CPI
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