Leila Shahid – Capture d’écran – INA
Communiqué de l’UJFP
La disparition de Leïla Shahid, c’est une perte immense pour le peuple palestinien et pour toutes celles et ceux qui se battent pour une paix fondée sur l’égalité des droits et la justice.
Leïla, tu viens d’une famille illustre. Le dernier maire de Jérusalem, à l’époque ottomane, où cohabitaient musulmans, chrétiens et juifs, c’est ta famille.
Celui qui s’est battu à l’ONU en 1948 pour déposer le projet du Haut Comité Arabe proposant une Palestine pluraliste, ouverte à ses habitants et aux réfugiés cherchant où aller, c’est ton grand-père. Tu le racontes formidablement dans le film Yallah Gaza.
Le livre de Sirine, ta mère, raconte cette Palestine vivante d’avant 1948, que les sionistes s’acharnent à faire disparaître.
Tu es née à Beyrouth, immédiatement après la Nakba qui a chassé ta famille.
Jean Genet a raconté avec une force incroyable votre entrée à tous les deux dans Sabra et Chatila immédiatement après ce crime de masse, en 1982. Qui aurait pu croire que des crimes encore plus effroyables seraient perpétrés plus tard, en toute impunité pour leurs auteurs ?
Tu es devenue la voix de la Palestine, à Paris puis à Bruxelles. Tu as combattu avec succès et persévérance l’image ignoble que les dominants de nos sociétés essayaient de donner des Palestiniens « terroristes » et infréquentables.
La très grande tournée que tu as faite avec Michel Warschawski (un Juif israélien) et Dominique Vidal (un Juif français) dans les quartiers populaires de différentes villes de France, est un moment formidable : vous opposiez à l’apartheid, au colonialisme et au suprémacisme, une parole fondée sur la justice, l’égalité, la rencontre.
Tu as croisé à de très nombreuses reprises des membres de l’UJFP et il y avait entre toi et nous plus que de l’amitié. Un accord très profond.
Tu as dû éprouver effroi et dégoût devant ce qui se passe depuis le début du génocide à Gaza. Cette complicité éhontée des dirigeants, des médias, de la plupart des politiques.
Leïla, l’UJFP continuera ce qui a été le combat de ta vie. Ici, faire abroger l’accord économique entre l’Union Européenne et Israël, barrer la route à la proposition de loi Yadan qui veut criminaliser le soutien aux droits des Palestiniennes et des Palestiniens ; là-bas, aider de toutes nos forces le peuple palestinien à rester debout.
Les luttes que tu as menées sont et resteront des exemples pour nous.
La Coordination nationale de l’UJFP, le 20 février 2026
Source : UJFP
https://ujfp.org/…

