Communiqué de l’UJFP

Le 11 février 2026, le ministre des Affaires étrangères a réclamé la démission de Francesca Albanese, interprétant les propos de cette dernière de manière erronée. Mme Francesca Albanese avait déclaré : « Nous avons un ennemi commun et nous devons l’affronter : un système dans lequel la politique est au service des intérêts économiques », alors que JN Barrot n’a repris qu’une fraction de cette citation, affirmant qu’elle aurait prétendu qu’Israël était l’ennemi commun de l’humanité !

À l’Assemblée nationale, le ministre fait de l’intox version Cnews et s’inscrit dans le sillage de Donald Trump, qui a lui-même imposé des sanctions à la rapporteuse spéciale. En agissant ainsi, il fait sienne la rhétorique de Mme Caroline Yadan, qui n’hésite pas à faire de l’antisionisme un délit d’opinion. Quoi de plus simple pour mettre hors d’état de nuire son adversaire politique que de modifier ses propos à des fins politiques ; Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, dénonce sans ambage les liens et complicités du gouvernement français avec le génocide commis par l’État israélien.

Antisémitisme, comparaison avec le troisième Reich, le ministre n’y va pas avec le dos de la cuillère. L’argument de l’antisémitisme ? À d’autres ! Car il ne faut pas s’y tromper, celle qui est visée là n’est autre qu’une solide défenseur des droits humains, pour la justice et l’égalité, à l’appui des textes du droit et de la justice internationale. Son seul tort est bien d’avoir dénoncé le génocide en Palestine et ses complices.

Plus les preuves du génocide s’accumulent, plus la complicité de la France dans des crimes contre l’humanité est avérée et plus les défenseurs du droit international seront les cibles de calomnies, de harcèlement et de menaces.

Nous sommes fièr.es d’avoir reçu Francesca Albanese lors de la fête de l’Humanité 2025, car comme elle, nous demandons la pleine application du droit international. Dans un entretien de la revue Contretemps, elle nomme ce que nous appelons le colonialisme de remplacement : « C’est pourquoi je dis qu’il s’agit d’un génocide qui n’est pas seulement mené en raison d’une haine idéologique transformée en doctrine politique, comme cela s’est produit par la déshumanisation de « l’autre » dans d’autres génocides ; ce génocide a été commis à cause de la terre, pour la terre. Israël veut la terre sans les Palestiniens. Et pour les Palestiniens, rester sur la terre fait partie de leur identité en tant que peuple. C’est pourquoi j’appelle ce génocide un effacement colonial. »

Nous soutenons et appelons à soutenir Francesca Albanese qui se bat depuis tant d’années pour que le droit international soit appliqué par Israël et ses alliés.

La Coordination nationale de l’UJFP, le 17 février 2026

Source : UJFP
https://ujfp.org/…

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