Rapport du CPI
Centre palestinien de l’information
Sous la menace directe d’arrestation et de confiscation de leur bétail, les familles palestiniennes résidant dans la région « camp d’Arraba », au sud de Jénine, ont commencé à évacuer leurs habitations et leurs biens, après l’expiration du délai accordé par l’armée d’occupation sioniste pour quitter le site où elles vivaient depuis des années. Les familles ont rassemblé à la hâte leurs biens et leurs outils agricoles en prévision de leur départ forcé.
Ils ont été contraints de quitter les lieux après 50 incursions répétées des forces d’occupation qui ont duré une semaine entière, accompagnées de menaces d’arrestation immédiate et de confiscation des troupeaux de moutons en cas de refus d’obtempérer aux ordres d’évacuation, tandis que l’armée d’occupation a annoncé son intention de se redéployer sur le site et d’y établir un poste militaire permanent, ce qui signifie la fin de plusieurs années de relative stabilité pour ces familles.
Contexte du site

Le contexte du site remonte à l’année 2005 lorsque l’armée de l’entité génocidaire a évacué le camp dans le cadre du plan de séparation unilatéral connu sous le nom de « Dothan »,avant que des familles palestiniennes n’y aient recours en 2013 et réutilisent ses anciens bâtiments en béton, qui remontent à l’époque jordanienne, comme logements et étables offrant un minimum de stabilité aux agriculteurs et aux éleveurs de la région.
Les répercussions du déplacement forcé
Oum Mohammed, l’une des personnes déplacées, a qualifié cette décision de coup dur pour l’avenir de ses enfants, affirmant que les déplacements répétés ont poussé certains d’entre eux à interrompre leurs études universitaires pour chercher un autre abri, dépourvu des conditions de vie les plus élémentaires.

Jamal Rachid, qui supervise le transport de ses meubles à l’aide d’un tracteur agricole, a déclaré que l’évacuation s’inscrit dans le cadre d’une politique plus large visant les communautés rurales et bédouines de la plaine du Jourdain et du sud de Hébron, soulignant que les abris en béton offraient une protection à leur bétail avant que les ordres militaires ne les rattrapent à nouveau.
À l’expiration du délai, des véhicules transportant des dizaines de personnes ont quitté le camp, tandis que le silence régnait sur le site qui fourmillait d’activité agricole, dans l’attente du retour des engins militaires en vue de la reconstruction de la caserne.
Avertissements locaux

Le maire d’Araba, Ahmad al-Arda, a confirmé que la municipalité n’avait reçu aucune notification officielle concernant la nature de l’opération militaire prévue, avertissant que la reprise du contrôle du camp conduirait en pratique à un resserrement de l’emprise sur de vastes zones environnantes sous prétexte de sécurité, et isolerait les villages du sud de Jénine du centre-ville, aggravant ainsi les difficultés des habitants à se déplacer et à accéder aux services.
Les spécialistes des questions sionistes estiment que la réinstallation du camp d’Araba s’inscrit dans une tendance croissante au renforcement de la présence militaire et coloniale dans le nord de la Cisjordanie, par la réutilisation d’anciens sites et leur transformation en points permanents qui coupent la continuité géographique entre les communautés palestiniennes, en particulier dans les zones classées « C ».

Les données de la Commission de résistance au mur et aux colonies indiquent que le mois de janvier dernier a connu une escalade notable des ordres de confiscation de terres, les autorités génocidaires ayant saisi plus de 744 dunams à des fins militaires et coloniales, notamment pour la construction de routes et l’agrandissement de camps dans les gouvernorats de Naplouse, Jénine et Ramallah. Parallèlement à l’approbation par les autorités de planification de l’administration civile de plans visant à construire des centaines d’unités de colonisation afin de relier les colonies existantes et de consacrer l’isolement des villages palestiniens.
Dans ce contexte, le camp d’Araba apparaît comme un exemple récurrent de la politique de reprise de contrôle des terres évacuées sous prétexte de sécurité, ouvrant la voie à une présence militaire permanente et préparant le terrain pour une expansion coloniale ultérieure, tandis que les familles déplacées sont confrontées à la perspective d’un nouvel exode en l’absence de toute protection internationale efficace.
Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…
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