Par le CPI
Centre palestinien de l’information
Le jeune Moataz Aziz âgé de 44 ans a passé 9 heures d’affilée à faire le tour des pharmacies et des centres médicaux de la ville de Khan Younis, à la recherche d’un médicament qui soulagerait les douleurs de sa maladie chronique, avant que la détérioration de son état de santé ne l’oblige à se rendre à l’hôpital Al-Amal, où les médecins ont pu lui fournir le médicament dont il avait besoin dans le service de soins intensifs.
Ce cas n’est plus isolé, mais c’est devenu une réalité quotidienne pour des milliers de patients atteints de maladies chroniques dans la bande de Gaza, en raison de la grave pénurie de médicaments essentiels, due aux restrictions strictes imposées par l’occupation sur leur importation, ce qui constitue, selon les spécialistes, une guerre silencieuse qui vise directement les malades et menace leur vie de complications graves pouvant aller jusqu’à la mort.
Aziz souffre de myasthénie, une maladie chronique qui entraîne une faiblesse et une dégradation des muscles. Il dit vivre dans un état d’anxiété permanent en raison des ruptures fréquentes de stock de son médicament, ce qui l’oblige chaque jour à passer des heures à chercher en vain une dose qui soulagerait sa douleur. Il affirme que les médecins l’ont averti que toute interruption du traitement pourrait mettre sa vie en danger à tout moment.
En général, Le patient Alaa Al-Khatib âgé de 56 ans souffrant d’hypertension et de diabète, affirme qu’il souffre d’une maladie grave. Il dit : « Chaque mois, je me bats pour obtenir mon traitement, quand je vais à la consultation, je ne trouve pas les médicaments ».
« Les marchés regorgent de chocolat et de Coca-Cola, mais nous ne trouvons pas de médicaments.»
Modifier le plan de traitement
Le docteur Khaled Odeh, pharmacien, explique que la bande de Gaza connaît une pénurie sans précédent de médicaments pour les maladies chroniques, en particulier les médicaments pour le cœur, le diabète, la tension artérielle et la thyroïde. Il souligne que le personnel médical est parfois contraint de modifier le plan de traitement en fonction des disponibilités, mais que la crise s’aggrave lorsque le patient découvre que les substituts eux-mêmes ne sont pas disponibles.
Il a indiqué que les médicaments pour la thyroïde sont en rupture de stock depuis environ trois mois sans qu’il existe de substituts, même dans les hôpitaux, et a averti que cette pénurie constitue une menace directe pour la vie des patients et pourrait entraîner des complications sanitaires incontrôlables.
Il a précisé que l’occupation autorise l’entrée de certains types de médicaments contre l’hypertension et en interdit d’autres, dans le cadre d’une politique sélective systématique qui impose une punition collective aux patients et confronte le personnel médical à des défis médicaux complexes, car changer de traitement nécessite une réévaluation complète de l’état de santé, de nouveaux examens et analyses, et le recommencement d’un protocole thérapeutique complet.
Dr Odeh a averti que la persistance de la pénurie de médicaments pourrait entraîner des accidents vasculaires cérébraux et cardiaques, une hypertrophie du muscle cardiaque et des troubles du rythme cardiaque chez les patients souffrant d’hypertension, ainsi que des lésions graves aux reins et au foie chez les patients diabétiques.
Des niveaux dangereux

Pour sa part, le directeur général du ministère de la Santé à Gaza, le Dr Mounir Al-Barsh, a déclaré que la pénurie aiguë de médicaments pour les maladies chroniques avait atteint des niveaux dangereux et sans précédent, soulignant que le système de santé dans le secteur fonctionnait dans des conditions catastrophiques en raison de la poursuite de l’agression, de la fermeture des points de passage et du contrôle de l’entrée des médicaments et des fournitures médicales.

Dans une déclaration à notre correspondant, M. Al-Barsh a expliqué que le ministère de la Santé redouble d’efforts pour gérer les stocks disponibles et les distribuer selon des priorités médicales strictes, Cependant, le maintien de l’interdiction d’importer des médicaments vitaux menace la vie de milliers de patients. Il a appelé les institutions internationales et humanitaires à assumer leurs responsabilités juridiques et humanitaires et à agir de toute urgence pour garantir l’importation sans restriction des médicaments.
Cette situation survient à un moment où le système de santé est gravement épuisé et souffre d’un manque criant de moyens. Selon des sources médicales, le déficit en médicaments pour le traitement des maladies chroniques atteint environ 52 %, ce qui laisse présager une catastrophe sanitaire qui s’aggrave de jour en jour dans la bande de Gaza.
Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…
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