Par Roger Nabaa

Par Roger Nabaa, philosophe libanais.  Contributeur https://www.madaniya.info/ – La liste de ses contributions sur ce lien : https://www.madaniya.info/author/roger-naba


«La lucidité, écrit René Char dans Feuillets d’Hypnos, est la blessure la plus proche du soleil», par-là même il veut suggérer, me semble-t-il, que la lucidité (métaphorisée par le soleil), offre une vision claire et sans illusion du monde, mais dès lors elle peut être douloureuse (métaphorisée par blessure) comparable aux brûlures du soleil.

Or donc si être lucide, c’est voir la réalité telle quelle, c’est-à-dire sans une perception ou une croyance erronée qui la diffracte pour occulter ses aspects inacceptables, lesquels peuvent être source de contrariété puisqu’elles confrontent à des vérités inadmissibles ; il semble bien donc, quant à la souveraineté du Liban, qu’une bonne partie des Libanais se refusent toute lucidité et s’adonnent et s’abandonnent à l’aveuglement.

Car…

Souveraineté s’entend, dans son usage politique, le fait «d’un État qui jouirait de l’exclusivité de ses compétences législatives, exécutives et judiciaires.»

État souverain correspond donc à État indépendant et à ce titre s’oppose à « colonie » ou « État sous Mandat » qui, eux, n’en ont pas le contrôle.

Approfondissant la notion, son usage politique ajoute que « la souveraineté interne de l’État désigne son autorité exclusive sur son territoire et sa population, et la souveraineté externe son insoumission à toute autorité supérieure ainsi que la reconnaissance des autres États comme ses égaux. » En bref, on pourrait dire que la souveraineté correspond au « pouvoir suprême d’un État de faire ses lois et de les mettre en pratique. »

Faut-il en conclure que le Liban soit un Etat souverain dès lors qu’il souscrit à cette définition ? Formellement, c’est à dire sans tenir compte de la réalité, oui : le Liban se donne à voir comme un Etat souverain ? Mais il semble bien que ce « oui » formel soit bien insuffisant à satisfaire les réalités qui ont conduit le Liban à sa formation et son indépendance. Et par ces « réalités » on entendra :

  • La naissance du Grand Liban et son indépendance ;
  • Les crises à répétitions (1958, qui faillit en saper les fondements ; 1969, qui les sapa ; 1975 et 2008 qui en firent un Etat failli)
  • Enfin et surtout la composition de son régime socio-politique, à savoir le confessionnalisme.
Naissance du « Grand Liban » et son indépendance

Le 1er septembre 1920, le général Henri Gouraud, alors Haut-Commissaire de la France au Levant, proclamait solennellement à Beyrouth, au nom de la France, la naissance du «Grand Liban», unissant diverses régions à l’ancien Mont-Liban historique et fixant ses frontières actuelles.

Complétant son œuvre «civilisatrice» (?), le 23 mai 1926, le Haut-Commissaire Henry de Jouvenel, toujours au nom de la France, promulgua la constitution qui créa les postes de président de la République et de chef du gouvernement. L’Etat du Grand-Liban devint officiellement une République et prit le nom de République libanaise.

Enfin, le 22 novembre 1943, en pleine guerre mondiale, les représentants de la France Libre du général de Gaulle «concèdent» (sic) l’indépendance au Liban.

Reste à comprendre, au travers de ce raccourci historique, où se logerait la souveraineté du Liban, égarée dans ses actes fondateurs dans les arcanes du pouvoir français au Liban.

Les crises à répétitions

La crise de 1958

En Mai 1958, le Liban fut le théâtre d’une grave crise politique qui, outre sa dimension interne (la volonté de Camille Chamoun de se faire réélire pour un second mandat contrairement aux dispositions constitutionnelles), revêtit un enjeu régional, voire mondial, dès lors que le Liban se trouvait placé au centre de l’antagonisme irako-égyptien, depuis la création du Pacte de Bagdad en 1955.

Aussi cette crise prit-elle l’allure d’une confrontation régionale-mondiale entre le panarabisme de Nasser – qui venait de conclure, le 1er février 1958, l’union avec la Syrie sous le nom de République arabe unie (RAU) – et les pays arabo-islamiques pro-occidentaux : la RAU prêta son soutien à l’opposition, alors que les pays du Pacte de Bagdad soutinrent Camille Chamoun, lequel et son camp, pour se dépêtrer, firent appel aux États-Unis, à la Grande-Bretagne et à la France. Les États-Unis répondirent à l’appel et débarquèrent sur les côtes libanaises le 15 juillet 1958, voulant assurer « le rétablissement de sa souveraineté ».

1969 : irruption de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP)  au Liban

Durant une dizaine d’années, de 1958 à 1969, la stabilité régionale aidant, le Liban connut une ère de souveraineté … en trompe l’œil.

Car, en 1969, l’entrée en jeu de la Résistance palestinienne sur la scène libanaise devait déstabiliser l’Etat libanais, remettre en question sa configuration politique et engendrer la première crise de souveraineté depuis 1958. Les Accords du Caire de novembre 1969, en consacrant « l’extraterritorialité des camps palestiniens et la légitimité de l’action guerrière de la Résistance palestinienne contre Israël depuis le sud Liban », devaient précipiter la décomposition de la souveraineté libanaise. C’est ainsi que s’est constitué, par exemple, le «Fathland» : un «territoire palestinien» qui établit au sein du «territoire» libanais une souveraineté palestinienne, avec le consentement d’une bonne partie de la population libanaise. Le Liban perdit alors tout semblant de souveraineté et s’ouvrit définitivement aux grands vents des turbulences de la géopolitique.

De 1969 à 1975, par la force des choses, l’OLP ne pouvait que peser de plus en plus lourdement sur la vie politique libanaise, «s’emparant» de Beyrouth pour en faire sa capitale symbolique, ravissant à L’Etat ses attributs régaliens dont les plus importants : le «monopole de la violence» et le «Droit de paix ou de guerre».

1975-1990 : la guerre civile/confessionnelle

Si 1969 a inauguré la crise, la guerre civile/confessionnelle qui commença en 1975 devait l’installer dans la durée et installer le Liban dans une scène brouillée par la multitude des acteurs qui l’investirent, s’y téléscopant continuellement: à tour de rôle ou simultanément trois acteurs régionaux directement impliqués : l’OLP, la Syrie et Israël, une pléthore d’acteurs locaux d’inégale importance, et, à l’arrière-plan, en standby, les Grandes puissances.

C’est qu’en 1976, les dirigeants chrétiens, pour sauvegarder leur ghalaba (domination) sur l’État, firent appel à la France et aux Etats-Unis, ouvrant la voie aux interventions étrangères. Curieusement, l’aide vint de la Syrie. Le président libanais de l’époque, Souleyman Frangié et le chef de l’Organisation de la Palestine, Yasser Arafat, convoqués à Riyad, furent «invités» par l’Arabie saoudite et l’Égypte à reconnaître la légitimité de la présence des troupes syriennes au Liban qui fut officialisée par la mise en place de la Force Arabe de Dissuasion (FAD). En réaction, Israël occupa, en 1978, le Liban Sud et créa une zone tampon dite «de protection», gérée par une milice à sa solde, l’Armée du Liban Sud (ALS). Enfin, pour ajouter de l’imbroglio à cet imbroglio, des forces internationales (états-unienne, française, italienne) débarquèrent à Beyrouth en 1982 pour aider l’Etat libanais, encore une fois, «à recouvrer sa souveraineté».

2008 : émergence du Hezbollah comme proto-État

En 1982, en filigrane de l’invasion israélienne du Liban qui devait en «chasser» l’OLP, le Hezbollah commença à poindre, discrètement en 1982, publiquement en 1985.

Le Mouvement chiite, estimant que le réseau fixe public ainsi que le réseau GSM n’offrait aucune garantie de confidentialité lors de ses opérations militaires, avait mis en place, à partir de 1995, un réseau privé à cet usage, qui se limitait, selon la milice chiite, au Liban Sud et à la banlieue Sud de Beyrouth.

Pour la coalition du 14 Mars (le camp pro-occidental), le maillage de ce réseau s’était fortement accru jusqu’à la plaine de la Békaa, depuis le conflit de juillet 2006 qui opposa le Hezb à Israël. Aussi, le 7 mai 2008, le Premier Ministre de l’époque, Fouad Siniora, prit la décision de démanteler ce réseau.

Parallèlement, le Conseil des Ministres, d’où l’opposition était absente, avait décidé de limoger le général Wafic Choucair, responsable de la sécurité de l’aéroport international de Beyrouth et proche du mouvement chiite. Le Hezb estima alors que c’était là un moyen détourné pour que les Etats-Unis reprennent, au travers du gouvernement Sanioura, le contrôle de l’aéroport de Beyrouth.

A ces avanies, le Hezbollah riposta en lançant une opération militaire d’envergure les 7 et 8 mai 2008 et occupa une partie de Beyrouth Ouest. Dans les jours qui suivirent, des affrontements entre partisans de la milice chiite et ses ennemis s’étendirent dans tout le pays, notamment à Tripoli capitale du Nord Liban à la frontière de la Syrie, et au Mont Liban où les combats entre la formation paramilitaire chiite et le Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt dégénérèrent en affrontements aux mortiers. Les adversaires du Hezbollah se rendirent au bout de quelques jours tandis que les deux décrets, qui avaient mis le feu aux poudres et provoqué le conflit, furent révoqués. Or, durant tout ce chambardement, qui avait duré tout de même plus d’une semaine, l’armée libanaise s’abstenant et refusant de prendre position en «grande muette», resta neutre.

La Médiation du Qatar et les Accords de Doha

Quelques jours plus tard, débuta au Qatar, le 23 mai 2008, une médiation entre les différentes parties impliquées dans la crise, laquelle médiation aboutit aux Accords de Doha, et, paradoxalement, se conclurent par… l’a-souveraineté du Liban dès lors qu’elles stipulèrent la consécration des armes du Hezbollah, et, cerise sur le gâteau, lui concédèrent le tiers de blocage au Conseil des ministres : ainsi, aucune loi qui déplairait à la formation chiite ne pouvait être votée. Et depuis, le Liban est toujours à la recherche de ses droits régaliens insaisissables.

En effet, le 6 août 2025, le Conseil des ministres libanais actait l’exclusivité des armes à l’État, confiant à l’armée « la mission de rétablir le monopole de la violence légitime ». Cette décision relança frontalement le débat sur le désarmement de la formation chiite, laquelle dénonça un acte de guerre. L’armée est depuis au cœur d’un processus politiquement explosif, pendant que la société est toujours divisée entre soutien à l’État et fidélité à la résistance.

Le vendredi 15 août, le Hezbollah refusa catégoriquement de rendre ses armes, assurant par la voix de son Secrétaire général , cheikh Naïm Qassem, le successeur de Hassan Nasrallah, qu’il était prêt à se battre pour éviter son désarmement. Le dirigeant chiite «mit en garde contre une guerre civile», après sa rencontre avec Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien en visite au Liban.

Dans la foulée, il accusa le gouvernement libanais de «livrer» le pays à Israël en poussant au désarmement de son mouvement.

Composition anthropo-sociologique du régime politique du Liban

Dire que le Liban est régi par un système politique confessionnel, c’est tout dire sans avoir rien dit. C’est qu’au Liban il y a confession et confession et dans le cas libanais, confession renvoie à deux genres de réalité qu’il faut distinguer pour en parler clairement quand bien même il pourrait leur arriver de se conjuguer entre elles dans les faits :

Une réalité anthropologique/sociologique qui réfère à un mode d’organisation et de reproduction d’un groupe (les confessions-milal) ;

Une réalité politique qui se réfère à un système d’organisation et de distribution du Pouvoir politique au sein d’un Etat qui se dit moderne (les confessions-tawā’if, ou confessions politiques).

Ces deux réalités, toujours dans le cas libanais, ne se situent pas au même plan. Si la première est la condition nécessaire pour qu’une confession se constitue en confession et persévère dans son être, elle n’est toutefois guère suffisante pour qu’elle se constitue en confession politique, le passage de l’anthropologique au politique n’étant pas mécanique, il n’est pas toujours donné ; il ne suffit donc pas qu’une confession le soit anthropologiquement pour qu’elle le soit politiquement.

La majeure partie des confessions du Liban ne le sont qu’au titre anthropologique. Seules quatre d’entre elles (sur les 18 qui le composent) ont acquis le rang de confession politique ; selon leur ordre d’apparition :

La Maronite et la Druze à partir du Caïmacamat (qā’imaqāmiyyatayn) instauré au Mont-Liban à la suite des «troubles» de 1842, du Mutaçarriffiyya consécutif  à la guerre de 1860, du Mandat, de l’indépendance et du Pacte national ;

La Sunnite, peu de  temps après, avec la proclamation du Grand Liban (1920), sur pression de la Grande-Bretagne, sur fond de l’hinterland arabe sunnite (pro-anglais) ;

La Chiite, enfin, plus récemment, consécutive à la mobilisation de la communauté chiite par le chef spirituel de cette communauté, l’Imam  Moussa As-Sadr, dans la décennie 1960, dans la foulée de  la Révolution islamique d’Iran (1979) et le recouvrement de son  territoire naturel» du fait de la libération du Sud Liban de l’occupation israélienne par le Hezbollah (2000), mais non par l’armée nationale.

Or le mérite de cette mutation du millet en tā’ifa n’est pas le fait de facteurs internes, propres à la confession elle-même au Liban, mais revient à des facteurs externes, en fait à des acteurs étrangers au Liban (le hāmi ou «protecteur») : acteurs régionaux (l’Egypte nassérienne dans la décennie 1960, l’OLP entre 1970 et 1982, la Syrie entre 1976 et 2005, Israël par suite de l’invasion du Liban en 1982,

l’Arabie saoudite après le désastre de la Guerre des Six jours et le retrait du nassérisme de la scène proche-orientale, l’Iran enfin depuis la révolution islamique de 1979 et la montée en puissance du Hezbollah), et/ou mondiaux (notamment la France et les Etats-Unis).

Si par confessionnalisme on entend un système sociopolitique de gouvernement au travers duquel se distribue la Puissance, il faut ajouter que dans le cas du Liban cette Puissance se répartit entre les quatre confessions précitées et seulement entre elles, au prorata de la place qu’elles occupent sur la scène libanaise, laquelle dépend de leur capacité à conquérir la ghalaba, laquelle dépend de la place qu’occupe le protecteur (hāmi) étranger sur l’échiquier régional et mondial.

Peut-on dès lors parler d’un Liban souverain quand ses composantes essentielles ne le sont guère et jamais ne pourront le devenir, le ver étant dans le fruit ? En parler quand même ne serait-ce pas une mascarade, une mise en parole destinée à tromper ceux qui le veulent bien ?

Notes
  1. Le Mandat français en Syrie et au Liban (1923-1946) fut institué par la Société des Nations (SDN) dans leur principe le 25 avril 1920, après la Première Guerre mondiale. Le Mandat avait pour «mission» de permettre aux États sous Mandat d’accéder à l’indépendance et à la souveraineté, «sitôt qu’ils auront atteint un niveau suffisant de maturité politique et de développement économique» . Ainsi donc, le mandat de la France au Liban, correspond au droit de la France de prendre les décisions politiques et autres, en lieu et place du Liban, lesquelles décisions relèvent de la souveraineté … du Liban.
  2. Un «État failli» ou «défaillant» est un État reconnu par le droit international mais qui ne parvient plus à exercer ses fonctions régaliennes essentielles (sécurité, justice, politique étrangère, défense) et à contrôler une partie significative de son territoire, résultant souvent de graves difficultés internes ou externes. L’incapacité de l’État à remplir ses missions fondamentales conduit à l’effondrement de l’ordre public et à l’installation de groupes armés qui détiennent la force légitime
  3. La plaine agricole de la Bekaa, la région de Tripoli (majoritairement sunnite) et le Sud majoritairement chiite.
  4. Le traité d’organisation du Moyen-Orient, plus communément appelé Pacte de Bagdad, signé le 24 février 1955, était une alliance militaire de la Guerre froide, initiée par l’Irak, la Turquie, le Pakistan, l’Iran et le Royaume-Uni pour contenir l’Union soviétique et le communisme au Moyen-Orient. Les États-Unis rejoindront le comité militaire de l’alliance en 1958.
  5. Désormais Hezb.
  6. L’Empire ottoman était un État multinational, multiethnique et multireligieux. Les communautés religieuses et ethniques (millet, plur. milal), reconnues par l’État, étaient organisées pour gouverner les affaires intérieures ou domestiques (mariage, divorce, rite funéraire, etc.) de leur communauté sous l’autorité du Sultan ; mais leurs prérogatives excluaient sous peine de mort les affaires de défense et les affaires étrangères domaines exclusifs de la Sublime Porte.
  7. Entre 1840 et 1860, le Liban, qui faisait partie de l’Empire ottoman, connaît de vives tensions intercommunautaires. Les différentes confessions qui le composent se retrouvent prises dans le jeu des Grandes puissances européennes. Les dissensions qui naissent de ces faits s’aggravent jusqu’aux massacres des chrétiens maronites par les druzes, de mai à septembre 1860, massacres auxquels l’expédition française en Syrie mettra fin. En 1842 est instauré le système dit du « caïmacamat ». Le territoire libanais est divisé en deux caïmacamats (ou districts) dont la ligne de séparation est la route allant de Beyrouth à Damas : les maronites se trouvent au Nord et les druzes au Sud. Mais cette solution est précaire et n’empêche pas de nouveaux massacres comme en 1845 ou lors de la révolte paysanne de 1858, dite de Tanios Chahine
  8. Le Moutassarifat du Mont-Liban (1861-1915) était une subdivision autonome de l’Empire ottoman, créée après des massacres de 1860, avec un statut international garanti par les puissances européennes. Dirigée par un gouverneur chrétien non libanais, cette province accordait une représentation aux communautés libanaises les plus importantes alors, au sein d’un conseil administratif. La France intervint dans la gestion de ce territoire, qui fut aboli en 1915, peu avant la création du Grand Liban par la France en 1920.
  9. Le Pacte national libanais de 1943 est un pacte non écrit faisant office de compromis communautaire entre les principales confessions de l’époque. Il fut acté par Béchara el-Khoury (maronite) et Ryad El-Solh (sunnite). Les principes de ce pacte établissent la distribution des pouvoirs, la présidence de la République revenant aux maronites, celle du Conseil des ministres aux sunnites, celle de l’Assemblée nationale aux chiites, le chef Etat-Major aux Druzes.

Source : Madaniya
https://www.madaniya.info/…

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