Dans les mêmes jours, il y a deux ans…

Par Rami Abou Reida

À la même période, en 2024, nous vivions le pic de la première vague de famine à Gaza. Les tomates, cet ingrédient si simple que nous avions l’habitude de trouver sur nos tables, étaient presque introuvables sur les marchés. Et lorsqu’on en trouvait, leur prix atteignait 150 shekels le kilo, soit près de 40 dollars américains. Et que dire des autres aliments et légumes !

Un chiffre difficile à croire, mais c’était pourtant la réalité que nous vivions, lorsque les choses les plus simples de la vie sont devenues des rêves inaccessibles.

C’est à cette époque que j’ai écrit ce texte sur la poêlée de tomates, un plat qui faisait autrefois partie de nos repas quotidiens, avant de devenir un rêve difficile à réaliser.

Je le publie aujourd’hui, non pas pour raviver un souvenir douloureux, mais parce que certains détails résument à eux seuls l’histoire de la faim et du siège. Ils racontent comment un être humain peut être privé de ses droits les plus élémentaires : trouver de quoi manger et préparer un repas pour sa famille sans avoir à calculer le prix de chaque tomate.

𝗘𝘁 𝘃𝗼𝗶𝗰𝗶 𝗹’𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲…

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𝗟𝗮 𝗽𝗼𝗲̂𝗹𝗲́𝗲 𝗱𝗲 𝘁𝗼𝗺𝗮𝘁𝗲𝘀… 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗹𝗮 𝘀𝗶𝗺𝗽𝗹𝗶𝗰𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲𝘃𝗶𝗲𝗻𝘁 𝘂𝗻 𝗿𝗲̂𝘃𝗲

𝗟𝗮 𝗽𝗼𝗲̂𝗹𝗲́𝗲 𝗱𝗲 𝘁𝗼𝗺𝗮𝘁𝗲𝘀… 𝗤𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲 𝘀𝗶𝗺𝗽𝗹𝗶𝗰𝗶𝘁𝗲́ !

C’était un plat tellement ordinaire sur nos tables. Il ne fallait presque rien : quelques tomates, un peu d’huile, une pincée de sel, parfois un oignon ou un poivron, et voilà un bon repas capable de nourrir toute une famille.

Mais à Gaza aujourd’hui, même cette simplicité n’est plus à portée de main.

Les tomates, qui étaient autrefois un aliment ordinaire dans chaque maison, sont parfois devenues un produit cher ou difficile à trouver. Et il en va de même pour l’huile, le bois de chauffage et tout ce dont on a besoin pour préparer un repas aussi simple.

Nous n’aurions jamais imaginé devoir nous asseoir un jour et nous demander :

𝗘𝘀𝘁-𝗰𝗲 𝗾𝘂’𝗼𝗻 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗿𝗮 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗼𝗲̂𝗹𝗲́𝗲 𝗱𝗲 𝘁𝗼𝗺𝗮𝘁𝗲𝘀 𝗮𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱’𝗵𝘂𝗶, 𝗼𝘂 𝗽𝗮𝘀 ?

Un plat pauvre et simple, mais qui faisait partie du goût de la maison, de ces petits détails de la vie dont nous ne mesurions la valeur qu’après les avoir perdus.

𝗤𝘂𝗲 𝗗𝗶𝗲𝘂 𝗮𝗶𝗱𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗵𝗮𝗯𝗶𝘁𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗚𝗮𝘇𝗮…

Car aujourd’hui, les choses les plus simples nécessitent tant d’efforts pour parvenir jusqu’à nos tables.

𝗥𝗮𝗺𝗶 𝗔𝗯𝗼𝘂 𝗥𝗲𝗶𝗱𝗮

12 octobre 2024

Source : auteur
https://www.facebook.com/RamiAbouReida

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