Mais où diable est passé l’argent du pétrole que Trump a volé au peuple vénézuélien ?

Par Thom Hartmann

(revue de presse : Common Dreams – 21 septembre 2026)*

L’affaire a éclaté hier lorsque le député de l’Illinois, Sean Casten, l’a interrogé sur les “milliards de dollars” que Trump prétend que l’Amérique “reçoit” grâce à la vente de pétrole vénézuélien.

Bessent a partagé l’avis de Trump affirmant que le pétrole et les revenus pétroliers saisis à ce pays constituent “l’un des actifs les plus importants jamais inscrits au bilan des États-Unis”. Des milliards et des milliards de dollars.

Sean Casten lui a donc posé une question simple : pouvez-vous nous dire qui contrôle cet argent et il se trouve ? Pouvez-vous confirmer si ces fonds sont ou non versés à des personnes américaines ?

La réponse de Bessent fut un mot unique et choquant : “Non”. Et il s’est arrêté là…

Trump a-t-il pris le pétrole et l’argent qui en découle ? Bessent refuse de le dire. Trump refuse de le dire. En réalité, personne de l’administration Trump ne veut nous dire où est passé cet argent, qui le contrôle, ni même qui en perçoit les intérêts.

Voici ce que nous savons :

Trois jours après l’enlèvement du président Maduro et de son épouse par Trump, ce dernier a publié un message sur son réseau social infesté de nazis, affirmant que les revenus pétroliers du Venezuela seront personnellement contrôlés par Trump “en tant que président des États-Unis”.

Trois jours plus tard, il signait un décret déclarant une urgence nationale concernant ce pétrole, afin qu’aucun tribunal ni créancier ne puisse toucher à l’argent, lésant ainsi les détenteurs d’obligations et les compagnies pétrolières auxquelles le Venezuela devait environ 150 milliards de dollars.

Trump s’est ensuite mis à vendre le pétrole saisi au Venezuela. La première cargaison, selon Reuters et Semafor, a été livrée aux sociétés de négoce de matières premières Vitol et Trafigura pour environ 500 millions de dollars, des groupes qui, d’après le Washington Post, ont tous deux des antécédents de corruption liés à la vente de pétrole.

Et cet argent n’a pas été versé sur le compte du Trésor mentionné dans le décret présidentiel de Trump. Il a été déposé sur un compte bancaire au Qatar juste après que les dirigeants de ce pays lui ont offert un jet privé d’une valeur de 400 millions de dollars. Un haut responsable a expliqué à Semafor que le Qatar a été choisi comme “lieu neutre” où l’argent “peut circuler librement” sans risque de saisie.

La sénatrice Elizabeth Warren s’est indigné et a exprimé au monde entier ce que la plupart d’entre nous pensions à l’époque :

“Rien dans la loi n’autorise un président à créer et contrôler un compte offshore pour vendre des biens saisis par l’armée américaine. C’est précisément le genre de manœuvre qui séduirait un politicien corrompu”.

En janvier, le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré devant le Sénat que 300 millions de dollars ont été envoyés au Venezuela pour couvrir les besoins du gouvernement et que 200 millions de dollars supplémentaires sont “toujours bloqués” à Doha. Il a qualifié l’opération d’“inédite” et de “mécanisme à court terme”.

Mais un mois plus tard, le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a déclaré sur CNBC que le compte a été fermé et qu’aucune autre somme ne transite par le Qatar… et personne ne sait depuis où il est allé ni où il se trouve.

Où est passé l’argent ?

Gregory Meeks, membre éminent de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, a qualifié ce fonds de “caisse noire offshore”. Interrogé par Casten en février , Bessent a refusé de préciser quels comptes le Trésor utilise, alors que le décret présidentiel de Trump le désignait, lui et le Trésor, comme dépositaire des fonds. Casten et le sénateur Chris Van Hollen ont de nouveau exigé de savoir où se trouve cet argent en mars, mais se sont heurtés à un refus catégorique. Et cette semaine de nouveau.

Les sommes en jeu ne cessent de croître, notamment en raison de la crise pétrolière provoquée par la guerre insensée de Trump contre l’Iran. S’appuyant sur les données de suivi des pétroliers de Bloomberg, le Council on Foreign Relations a publié en avril une estimation selon laquelle

“Au cours des quatre premiers mois de la prise de contrôle par les États-Unis des exportations de pétrole vénézuélien, près de cent millions de barils de pétrole, d’une valeur estimée à 8 milliards de dollars, ont transité par un processus marqué par un manque total de transparence et un contrôle minimal”.

Un responsable du département d’État a témoigné devant le Congrès en avril qu’environ 3 milliards de dollars auraient été restitués au Venezuela, mais Trump s’est vanté en juillet que les États-Unis ont vendu plus de 13 milliards de dollars de pétrole vénézuélien volé et a suggéré qu’il pourrait détourner ces fonds vers l’armée américaine ou tout autre endroit de son choix.

En juin dernier, Marco Rubio a tenté d’apaiser les inquiétudes du Congrès en affirmant que le cabinet d’audit KPMG “vérifie chaque décaissement”. Mais lorsque le magazine libertarien Reason a mené l’enquête en août, il a constaté que ni les accords ni les audits n’aont été publiés .

Et le site web dit de “Souveraineté transparente” créé par le gouvernement vénézuélien pour rendre publiques ses transactions pétrolières ne recense qu’une seule vente. Apparemment, Trump ne leur dit même pas ce qu’il a fait de leur pétrole, ni où est passé leur argent.

Et il n’y a pas que le pétrole. En mars, le secrétaire à l’Intérieur, Doug Burgum, a emmené en avion des dirigeants miniers américains à Caracas et est rentré en se vantant d’avoir empoché plus de 100 millions de dollars en or. Il avait conclu un accord pour le vendre à Trafigura, une entreprise réputée pour ses pratiques de corruption, et l’utilisation des bénéfices reste un mystère.

C’est un scénario bien rodé suivi par Trump, un scénario que de nombreux États pétroliers corrompus ont mis en œuvre il y a longtemps.

En 2014 par exemple, le gouverneur de la banque centrale du Nigeria, Lamido Sanusi, a révélé par inadvertance au Sénat qu’environ 20 milliards de dollars de recettes pétrolières n’ont jamais été versés au Trésor public. Le président Goodluck Jonathan a réagi en le limogeant et en qualifiant cet argent de “fantôme”. Lorsque Price Waterhouse Coopers a finalement audité les comptes, il a constaté qu’au moins 1,48 milliard de dollars ont tout simplement disparu.

J’ai participé à des missions humanitaires internationales dans certains des pays les plus corrompus du monde, on m’a proposé des pots-de-vin, on m’a menacé pour les avoir refusés, et le schéma que j’observe ici est étrangement familier. On ne signale jamais les pillages. On cesse simplement de donner des informations sur la destination des biens ou sur leurs bénéficiaires. La plupart des gens en concluent que tout est acceptable puisque l’on n’en parle pas, et le sujet est clos.

Nous y voilà. Trump

a annoncé s’être emparé du pétrole, puis qu’il 

a pris l’argent de la vente du pétrole et

l’a placé dans une banque du pays qui lui a offert un 747

a embauché des négociants ayant des antécédents de corruption

a refusé de publier les contrats

a placé des membres de son cabinet, choisis par lui-même, en charge des décaissements et du contrôle, et 

a envoyé Scott Bessent au Congrès pour dire « non » lorsqu’on lui demande si l’on peut, s’il vous plaît, savoir où tout cet argent est passé.

Depuis, les Républicains au Congrès semblent avoir soudainement la mâchoire bloquée.

Les représentants Sean Casten et Joaquin Castro ont déposé à la Chambre des représentants la loi sur la transparence des recettes pétrolières du Venezuela afin de contraindre le GAO à auditer le compte du Qatar et les opérations qui ont suivi. Les Républicains refusent de la faire examiner en commission, et Mike Johnson refuse de la soumettre au vote en séance plénière.

*Source : Common Dreams

Traduit par Spirit of Free Speech

Source : France Irak Actualité
https://www.france-irak-actualite.com/…

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