© Unsplash/Jason Leung. Des gens participent à une manifestation contre le racisme.
Par ONU Info
Source : ONU Info
Près de 70 ans après que la police sud-africaine a ouvert le feu sur des manifestants pacifiques à Sharpeville — qui protestaient contre les lois de l’apartheid en Afrique du Sud — tuant 69 personnes, l’ONU a renouvelé, ce lundi, son engagement à œuvrer pour la justice et l’égalité, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.
La foule rassemblée devant le poste de police de Sharpeville le 21 mars 1960 « n’était pas armée de fusils, mais de conviction — non pas pour diviser la société, mais pour y revendiquer sa dignité », a rappelé la Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, Annalena Baerbock, lors de la commémoration annuelle.
Cette commémoration va bien au-delà d’un évènement tristement célèbre, a-t-elle souligné, notant que le racisme persiste clairement aux quatre coins du monde.

Photo de l’ONU/Manuel Elías. Annalena Baerbock, présidente de l’Assemblée générale, s’adresse à la réunion commémorative marquant la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.
Sinistre et destructeur
« Parfois, il est explicite et vulgaire — une obscénité lancée à la figure d’autrui, ou un graffiti griffonné sur un mur. Parfois, il est silencieux et discret — masqué par la bureaucratie et dissimulé au cœur du quotidien », a déclaré Mme Baerbock devant les participants à cette commémoration réunis dans la salle de l’Assemblée générale.
« Mais qu’il soit bruyant ou silencieux, il est sinistre, il est destructeur, et ses conséquences s’étendent bien au-delà des individus ».

Photo de l’ONU/Manuel Elías.
Le Secrétaire général António Guterres s’adresse à la réunion commémorative de l’Assemblée générale
des Nations Unies à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.
Les gouvernements faiblissent sur le plan des politiques
Le racisme nuit à tout le monde, a rappelé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.
« Il perdure à travers les conséquences néfastes de l’esclavage, du colonialisme et de l’oppression », a-t-il déclaré lors de la commémoration.
Le racisme « alimente également bon nombre des problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui », notamment les inégalités économiques, sociales et politiques, ainsi que les politiques et pratiques discriminatoires et les conflits.
De plus, « nombre des solutions visant à le combattre sont affaiblies, alors que certains gouvernements démantèlent les politiques et pratiques antiracistes et que des dirigeants tentent de réécrire l’histoire ».
Le chef de l’ONU s’est montré particulièrement préoccupé par la manière dont le racisme et la xénophobie se banalisent sur les plateformes numériques et dans le discours politique.
« Ce qui peut commencer par des messages codés — destinés à enhardir d’autres personnes intolérantes — peut rapidement se transformer en un discours de haine décomplexé », a-t-il affirmé.
« Nous savons où mène cette voie : vers davantage d’injustice, de violence, et pire encore ».
La solution réside dans la solidarité, a-t-il souligné, appelant les gouvernements, les institutions, les entreprises et les communautés à œuvrer de concert pour protéger la dignité, la justice, l’égalité et les droits de chaque individu.

Photo de l’ONU/Manuel Elías. Volker Türk,
Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, s’adresse à la réunion commémorative
de l’Assemblée générale marquant la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.
Continuer d’aller de l’avant
Selon le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, l’histoire a démontré que les mouvements en faveur d’une plus grande égalité ne sauraient être entravés.
Il a cité l’exemple de Sharpeville, mais aussi celui de Ruby Bridges — cette jeune Afro-Américaine qui a contribué à la déségrégation scolaire aux États-Unis —, de la militante Ana Paula Gomes de Oliveira, qui réclame justice pour les mères afro-brésiliennes ayant perdu leurs enfants du fait de violences policières, ainsi que du champion américain des droits civiques, le révérend Jesse Jackson, décédé le mois dernier.
« Ces actes de résistance, parmi d’innombrables autres, ont changé le visage de notre monde. Aujourd’hui, nous leur devons rien de moins qu’un effort sans relâche pour préserver et faire progresser ces acquis », a-t-il déclaré.
Justice, droits de l’homme et courage
M. Türk a insisté sur la nécessité impérieuse d’une volonté politique, notamment pour combattre la discrimination au moyen de lois rigoureusement appliquées et pour renforcer l’obligation de rendre des comptes face à toutes les formes de discrimination raciale et de haine.
« Être antiraciste ne signifie pas prendre parti pour un groupe contre un autre. Cela signifie se ranger du côté des droits de l’homme et de la justice — pour tous », a-t-il affirmé.
Justin Hansford, professeur de droit américain et membre fondateur du Forum permanent des Nations Unies pour les personnes d’ascendance africaine, a raconté comment il a défilé dans les rues pour la justice raciale, avec « des gaz lacrymogènes dans l’air, des chars sur la chaussée et des noms tels que Trayvon Martin, Mike Brown et George Floyd sur les lèvres ».
Il a qualifié les 69 personnes massacrées à Sharpeville de martyrs de la cause de la démocratie et de la justice raciale, dont le sacrifice résonne encore aujourd’hui.
« Leur courage a démontré que le monde restera vigilant tant que la justice raciale ne sera plus une promesse différée, mais une réalité acquise », a-t-il conclu.
Source : ONU Info
https://news.un.org/fr/…
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