Rapport du CPI
Centre palestinien d’information
Dans un contexte de mutations régionales accélérées et d’attention internationale focalisée sur les crises de la région, les politiques sioniste visant à remodeler le paysage démographique et juridique de Jérusalem occupée s’intensifient. Entre les restrictions sécuritaires renforcées, l’expansion de la colonisation et l’armement des colons, s’accumulent des mesures que les institutions palestiniennes décrivent comme faisant partie d’un projet à long terme visant à consacrer le contrôle exclusif de l’entité occupante génocidaire sur la ville sainte, dans une démarche qui menace ce qui reste de son caractère multiconfessionnel et multiethnique.
Cette réalité est mise en lumière par le dernier rapport hebdomadaire publié par le Bureau national pour la défense de la terre et la résistance à la colonisation, qui rend compte de l’escalade des mesures sionistes à Jérusalem et en Cisjordanie au cours de la période comprise entre le 13 et le 7 mars 2026, et met en garde contre leurs répercussions politiques et humanitaires.
Changement démographique à Jérusalem
Le rapport indique que les autorités d’occupation continuent de mettre en œuvre des politiques discriminatoires et systématiques visant à modifier l’équilibre démographique et religieux à Jérusalem occupée, par le biais d’une série de mesures comprenant des démolitions et des expulsions forcées, des restrictions à la liberté de circulation des Palestiniens, ainsi que des ingérences dans la liberté de culte.
Dans ce sens, la mosquée al-Aqsa fait l’objet de mesures répressives, parmi lesquelles sa fermeture aux fidèles musulmans pour la troisième semaine du ramadhan, ce qui exacerbe les tensions dans la ville, d’autant plus que ces mesures – selon le rapport – ne sont pas liées aux considérations sécuritaires invoquées par l’entité criminelle, mais s’inscrivent dans un projet plus large visant à consolider son contrôle sur la ville.

Les données des Nations unies montrent que ces dernières années ont été marquées par une escalade notable des mesures sionistes 11 , avec 144 palestiniens tuées et 11.555 ont été arrêtés de manière arbitraire, en plus de 1732 opérations de démolition de maisons et d’installations.
L’éducation sous pression

Les pressions sionistes ne se limitent pas aux domaines de la sécurité et de l’urbanisme, mais s’étendent également au secteur de l’éducation, où la situation scolaire s’est détériorée à Jérusalem-Est à la suite de mesures législatives abusives visant les activités de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) et de ses établissements scolaires.
Le rapport souligne que ces mesures constituent une violation flagrante du droit international, qui garantit l’immunité juridique aux organisations internationales opérant dans les territoires occupés. Les Palestiniens craignent que ces politiques ne conduisent à l’effondrement du système éducatif de la ville et ne privent des milliers d’élèves de leur droit à l’éducation.
Parallèlement Dans les environs de Jérusalem, 7000 palestiniens vivant dans 33 villages bédouins sont menacés d’expulsion, en raison des démolitions répétées, de l’accaparement des terres et de la privation des habitants de leurs ressources naturelles et de leurs moyens de subsistance.
Lois discriminatoires et armement des colons
Le rapport estime que les lois sionistes relatives à la propriété immobilière à Jérusalem constituent l’une des manifestations les plus flagrantes de la discrimination, puisqu’elles empêchent les Palestiniens de récupérer les biens qu’ils ont perdus pendant les guerres de 1948 et 1947, tout en permettant aux Juifs de revendiquer des biens qu’ils prétendent avoir perdus au cours de la même période.

Selon des experts juridiques, ces politiques sont contraires aux règles du droit international humanitaire et du droit des droits de l’homme, qui interdisent la confiscation de biens privés ou le déplacement de populations protégées dans les territoires occupés.
Parmi les développements les plus marquants relevés par le rapport figure la politique d’armement des colons menée par le ministre sioniste de la Sécurité nationale, Ben-Gvir, l’un des principaux partenaires du Premier ministre de l’occupation, Netanyahu, au sein de la coalition au pouvoir.
selon ce qu’a publié Ben-Gvir sur la plateforme « X », 41 juifs sionistes de Jérusalem sont désormais éligibles à l’obtention d’un permis de port d’armes à feu personnelles, ce qui signifie un élargissement de l’armement de la population juive de la ville.
Selon des informations parues dans la presse sioniste, notamment dans les journaux « Ha’aretz » et « Yedi’ot Aharonot », cette décision pourrait permettre à environ 600 000 personnes de la population juive de Jérusalem, éligibles à l’obtention d’un permis de port d’arme, de constituer la majorité, parmi environ 1 million d’habitants.
Ben Gvir avait lancé cette politique d’armement des sionistes à la fin de l’année 2023, 250.000 colons ont été armés depuis lors, en mettant particulièrement l’accent sur les colons de Cisjordanie et les zones classées comme « à haut risque sur le plan sécuritaire ».
Expulsion des communautés bédouines
Le rapport met en garde contre le fait que l’armement croissant des colons pourrait entraîner une escalade dangereuse des agressions contre les Palestiniens, en particulier compte tenu de la recrudescence de la violence des colons depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023
En Cisjordanie, les derniers mois ont été marqués par une hausse notable de des attaques menées par des colons, souvent sous la protection de l’armée génocidaire sioniste.

Selon les estimations les attaques contre les palestiniens ont augmenté de 25 % depuis le début de la guerre américaine contre l’Iran.

Parallèlement à l’escalade de la violence des colons, les opérations d’expulsion des communautés bédouines se poursuivent en Cisjordanie, où des colons ont contraint les habitants de plusieurs communautés à démanteler leurs habitations et à partir sous la pression d’agressions répétées.
Parmi ces communautés figure celle des Bédouins de « Shikara », près du village de Douma, au sud de Naplouse, dont 70 habitants ont été contraints, de quitter la région après la destruction de leurs habitations et de leurs biens.
« à l’est de Jérusalem, où l’entité sioniste prévoit de construire un vaste projet de colonie reliant la colonie de Ma’ale Adumim à l’Est de Jérusalem, un projet qui pourrait, selon les experts, couper la continuité géographique entre le nord et le sud de la Cisjordanie.
Exploitation de la situation régionale
Selon des observateurs palestiniens, l’intensification de l’activité coloniale à ce stade est également liée à l’attention que porte la communauté internationale aux répercussions de la guerre dans la région, ce qui crée, selon eux, un contexte propice à la mise en œuvre de projets coloniaux préparés de longue date.
Le rapport souligne que cette réalité place les communautés palestiniennes, en particulier les communautés bédouines, face à des défis existentiels liés à leur survie sur le terrain, en l’absence de protection internationale.
Malgré le manque de moyens, les Palestiniens misent sur la résilience de ces communautés, qui sont devenues dans de nombreux cas la première ligne de défense contre les terres menacées de confiscation et de colonisation, dans une longue bataille pour l’avenir de la terre et de l’existence à Jérusalem et en Cisjordanie.
Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…
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