Par Manlio Dinucci

“Notre destin est écrit par la main de la Providence et ces 250 premières années n’ont été que le commencement” : ainsi déclare Trump dans son discours  sur l’État de l’Union. Ce n’est pas de la réthorique oratoire, c‘est la vision historique -typique de l’establishment USA- qui attribue aux États-Unis d’Amérique le rôle de leader mondial. Cette vision est ainsi exposée par Trump dans son très applaudi discours au Congrès :

“Quand Dieu a besoin d’une nation pour accomplir ses miracles, il sait exactement à qui s’adresser”

“Deux cent cinquante années sont une période longue dans la vie d’une nation, mais d’un autre côté elles ne sont qu’un instant dans l’Histoire. Les Américains ont construit cette nation à partir de 13 humbles colonies jusqu’au sommet de la civilisation humaine et de la liberté humaine, la nation la plus forte, la plus riche, plus puissante et de plus grand succès de toute l’Histoire”.
“Nous avons ouvert des sentiers à travers une nature sauvage et impitoyable, colonisé une frontière sans confins et dompté le très beau mais très, très dangereux West Sauvage. Depuis des marais déserts et des plaines sans fins, nous avons construit les plus grandes cités du monde. Nous avons conquis les plus puissantes industries du monde, nous avons détruit les monstrueuses tyrannies de l’Histoire et avons libéré des millions de personnes des chaînes du fascisme, du communisme, de l’oppression et de la terreur.”

“Les Américains ont porté l’humanité dans les cieux sur les ailes de l’aluminium et de l’acier. Et puis nous avons lancé l’humanité vers les étoiles sur des fusées alimentées par la pure volonté Américaine et par l’inflexible orgueil Américain. Nous avons relié le globe avec notre ingéniosité, nous avons fasciné la planète avec la culture Américaine et maintenant nous sommes en train d’ouvrir la route aux prochaines grandes innovations Américaines qui changeront le monde entier.”

“Tout cela et bien plus encore est l’héritage durable, la gloire sans pareille des patriotes laborieux qui ont construit et défendu ce Pays et qui aujourd’hui encore portent sur leurs épaules les espoirs et les libertés de toute l’humanité. Pendant des années elles ont été oubliées, trahies et mises à l’écart, mais cette grande trahison est finie et elles ne seront plus jamais oubliées parce que quand le monde a besoin de courage, d’une vision audacieuse et d’inspiration, il continue à s’adresser à l’Amérique.”

“quand Dieu a besoin d’une nation pour accomplir ses miracles, il sait exactement à qui s’adresser. Il n’y a pas de défi que les Américains ne peuvent surmonter, aucune frontière trop vaste à conquérir, aucun rêve trop audacieux à suivre, aucun horizon trop lointain à atteindre. Notre destin est écrit par la main de la Providence, et ces 250 premières années n’ont été que le commencement.”

   Il s’agit d’une colossale falsification historique, qui s’écroule devant les faits réels (voir le livre “L’altra faccia della Storia” édité par Byoblu).

“Maintenant les pays de l’OTAN nos amis et alliés payent les 5% au lieu de ne rien payer”

Concernant les scénarios internationaux actuels, Trump se vante d’avoir obligé les Alliés OTAN d’augmenter leur propre dépense militaire : “Les pays de l’OTAN, nos amis et alliés, viennent juste d’accepter, sur ma forte requête, de destiner 5% du PIB à la Défense militaire au lieu de 2%, qu’en réalité ils ne payaient pas : c’est nous qui étions en train de quasiment tout payer. Maintenant ils payent 5% au lieu de ne rien payer. Et obtenir des 5% était quelque chose dont tout le monde disait que cela n’aurait jamais été possible”. Sur la base de la documentation officielle publiée par l’OTAN à la fin du mois d’août 2025, la dépense militaire italienne se monte en 2025 à plus de 45 milliards d’euros (45.315 millions d’euros) : en moyenne plus de 124 millions d’euros par jour. Cette dépense ne suffira pas parce que par décision de l’Administration Trump, l’Italie assumera la direction du Commandement Conjoint de Naples et le Royaume-Uni fera la même chose avec le Commandement Conjoint de Norfolk, les deux étant actuellement dirigés par les États-Unis. L’Allemagne et la Pologne partageront par rotation la conduite du Commandement Conjoint de Brunssum. Il ne s’agit pas d’une redistribution plus équitable des charges à l’intérieur de l’OTAN, mais de l’assomption de charges plus grosses et de dépenses plus grandes par les Alliés européens, qui resteront sous commandement USA. Les États-Unis garderont le leadership des trois Commandements Alliés terrestre, aérien et maritime, et la charge de Commandement Suprême Allié en Europe.

“Nous sommes en train de travailler très dur pour mettre fin aux massacres entre Russie et Ukraine”

 Toujours dans le discours sur l’État de l’Union, Trump se présente comme le Grand Pacificateur : “Pakistan et Inde, ça aurait été une guerre nucléaire, 35 millions de personnes seraient mortes si je n’étais pas intervenu. Le Kosovo et la Serbie, Israël et l’Iran, l’Égypte et l’Éthiopie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, le Congo et le Ruanda et, naturellement, la guerre à Gaza, qui se poursuit à un niveau très bas. Et nous sommes en train de travailler très dur pour mettre fin à la guerre, aux tueries et aux massacres entre la Russie et l’Ukraine, où chaque mois meurent 25.000 soldats”. Ce qu’est en réalité  l’engagement de l’Administration Trump pour mettre fin à la guerre qui n’est pas seulement entre l’Ukraine et la Russie, mais entre l’OTAN et la Russie, est démontré par le fait que, à partir de 2026, les États-Unis opéreront des déploiements de systèmes de missiles à longue portée lancés depuis le sol en Allemagne, avec l’objectif de renforcer “la dissuasion de l’OTAN”. Ces systèmes à capacité aussi nucléaire incluront des missiles de croisière Tomahawk, Standard Missile-6 et armées hypersoniques Dark Eagle. En même temps Paris et Londres travaillent activement pour fournir à Kiev une bombe nucléaire : probablement la tête nucléaire française TN-75 de petites dimensions, avec une puissance de 150 kt équivalant à 10 bombes d’Hiroshima. 

“Le régime iranien n’a diffusé que terrorisme, mort et  haine”

En même temps l’Administration Trump prépare la guerre contre l’Iran. Le porte-avions Gerald R. Ford avec son groupe de bataille, provenant des Caraïbes où il a été employé contre le Venezuela, est entré en Méditerranée pour se joindre aux forces USA prêtes à attaquer l’Iran. L’objectif des États-Unis est de priver l’Iran de toute capacité nucléaire, y compris civile, pour qu’Israël demeure l’unique pays du Moyen-Orient à posséder des armes nucléaires, et de faire en sorte que l’Iran, important membre des BRICS, ne puisse plus avoir le rôle de noeud moyen-oriental du Couloir de transports Nord-Sud de la Russie et de la Nouvelle Route de la Soie de la Chine. La façon dont Trump présente l’Iran dans son discours (en ignorant notamment le fait que ce furent les États-Unis qui renversèrent en 1953 par un coup d’état de la CIA le gouvernement Mossadegh et instaurèrent le régime dictatorial du Chah) ne laisse aucun doute sur son intention de déclencher une guerre à grande échelle contre l’Iran : “Pendant des décennies, la politique des États-Unis a été de ne jamais permettre à l’Iran de se doter d’armes nucléaires. Depuis qu’ils ont pris le contrôle de cette fière nation il y a 47 ans, le régime et ses sanguinaires représentants n’ont diffusé que terrorisme, mort et haine. Il s’agit de personnes terribles. Ils ont déjà développé des missiles en mesure de menacer l’Europe et nos bases à l’étranger et ils travaillent à la construction de missiles qui atteindront rapidement les États-Unis d’Amérique”. 

Bref résumé de la revue de presse internationale Grandangolo de vendredi 27 février 2026 sur la chaîne TV italienne Byobluhttps://www.byoblu.com/2026/02/27/trump-luomo-della-provvidenza-pangea-grandangolo/

Source : M-A P.

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