Rapport du CPI
Centre palestinien d’information
Alors que les autorités d’occupation sionistes se présentent au niveau international comme un État « humanitaire » pionnier dans le domaine du don d’organes et se vantent d’avoir atteint des records en matière de dons de reins, des faits choquants sont révélés qui condamnent l’occupation pour avoir commis des crimes graves contre le corps palestinien, vivants ou morts, notamment la détention des corps des victimes palestiniens, la violation de leur dignité et le soupçon de vol de leurs organes, en violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire.

À l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec la Palestine et ses prisonniers, qui a lieu le 31 janvier, la question des corps des victimes détenus est revenue sur le devant de la scène, alors que de plus en plus de témoignages de familles de victimes, de médecins et d’organisations de défense des droits humains affirment que ce qui se passe ne se limite pas à une politique de détention arbitraire, mais relève d’un crime organisé commis dans le silence total de la communauté internationale.
Tués sous la torture… et un corps sans réponses

Yasmine Al-Barsh, épouse du médecin orthopédiste victime palestinien Adnan Al-Barsh, n’a pas exclu que l’occupation sioniste ait prélevé des organes sur le corps de son mari, mort sous la torture dans les prisons de l’entité génocidaire le 20 avril 2024.
Dans une déclaration à la presse, Mme Al-Barsh a déclaré que le corps de son mari avait été transféré immédiatement après son execution à l’Institut de médecine légale « Abu Kabir », un centre sioniste utilisé à des fins d’autopsie et de recherche criminelle. Elle considère que cette mesure, ainsi que le fait que le corps soit toujours détenu à ce jour, constituent une preuve supplémentaire de la profanation du corps et de la violation de son intégrité.
Elle a ajouté que l’occupant n’avait fourni aucun rapport d’autopsie ni aucune explication officielle à la famille, laissant celle-ci face à des questions sans réponse et à des inquiétudes légitimes quant au sort réservé au corps dans les institutions sionistes.
M.de la Santé : chiffres records et source obscure

De son côté, le directeur général du ministère de la Santé à Gaza, le Dr Mounir Al-Barsh, a directement accusé l’occupation, s’interrogeant sur la source des chiffres records concernant les reins dont il se vante à l’échelle mondiale.
Dans une déclaration à notre correspondant, M. Al-Barsh a déclaré que l’occupant, qui détient les corps des martyrs palestiniens depuis des années et empêche leur remise à leurs familles, est le même qui se présente aujourd’hui au monde sous un visage humanitaire factice, parlant de solidarité et de don d’organes, tout en menant secrètement des politiques qui violent les droits humains les plus élémentaires.
Il a précisé que les corps avaient été remis à leurs familles dans des cas avérés d’organes manquants, sans aucun rapport d’autopsie ni droit de poser des questions ou de demander des comptes, soulignant que les Palestiniens ne s’opposaient pas au principe du don d’organes, mais refusaient que le corps palestinien soit transformé en matière première pour l’exploitation et la propagande politique.
Il a souligné que l’absence de transparence et l’interdiction de toute surveillance internationale indépendante sur ces dossiers rendent le doute légitime et font de la demande de responsabilité une nécessité morale et juridique, appelant à une enquête internationale indépendante qui révèle toute la vérité et détermine les responsabilités.
Leith Abu Maileq… et des questions sans fin
Parmi les témoignages qui renforcent ces soupçons, il convient de mentionner le cas de la victime Leith Abu Maileq, d étenu le 7 octobre 2023, puis tué et remis à sa famille dans le cadre d’un accord « Tufan al-Aqsa ».
Malgré la remise du corps, sa mère affirme que le véritable choc n’a pas été le moment de la réception, mais l’état dans lequel le corps de son fils lui a été rendu, car elle a remarqué des traces de sutures médicalement injustifiées dans des zones sensibles du corps, sans que la famille ne reçoive aucun rapport d’autopsie ou d’explications officielles clarifiant les raisons de ces interventions.

La mère affirme que la méthode de suture et le manque de transparence ont renforcé les soupçons de la famille quant à la possibilité que des organes aient été prélevés sur le corps du martyr pendant la période de détention du corps, en particulier compte tenu des précédents documentés de familles palestiniennes qui ont reçu les corps de leurs fils avec des organes manquants, sans aucune responsabilité ni enquête.
Elle affirme que la remise du corps dans le cadre d’un échange ne supprime pas le droit de la famille à connaître la vérité et ne justifie pas le silence sur la violation de l’intégrité physique, soulignant que la dignité des morts ne peut être soumise à des considérations politiques ou à des calculs stratégiques.
Les preuves corroborent les soupçons
Les soupçons soulevés au sujet du vol d’organes sur les corps des morts palestiniens ne reposent pas sur des récits individuels isolés, mais sont corroborés par une série de faits accumulés et d’indices documentés qui, pris ensemble, constituent une base raisonnable pour soupçonner la commission de violations graves et systématiques.
Le premier de ces indices est la politique de rétention des corps pratiquée depuis des années par l’occupant, que ce soit dans les les « cimetières numérotés » ou dans les morgues, une politique qui prive les familles du droit à un enterrement rapide et empêche toute supervision indépendante ou contrôle médical impartial sur ce qui arrive aux corps pendant les périodes de détention, qui peuvent s’étendre sur des mois, voire des années.
Le deuxième indicateur concerne le transfert des corps des martyrs vers les instituts de médecine légale sionistes, notamment l’institut « Abu Kabir », sans en informer les familles, sans fournir de rapports d’autopsie officiels ni préciser les raisons de ces procédures, ce qui laisse supposer des interventions médicales allant au-delà des limites habituelles de l’examen médico-légal.
Le troisième indicateur concerne la remise de corps présentant des traces de sutures injustifiées sur le plan médical ou des signes d’intervention chirurgicale, comme l’ont rapporté les familles des victimes, notamment le corps de « Laith Abu Ma’ilq », qui a affirmé que le corps avait été recousu à des endroits sensibles, sans aucune explication ni document médical.
À cela s’ajoute l’absence de rapports médicaux et d’autopsie lors de la remise des corps, et le fait que les familles soient privées de leur droit de consultation ou d’opposition, en violation flagrante des normes médicales internationales.
Ces indices corroborent les rapports des organisations de défense des droits humains qui font état du vol d’organes spécifiques, notamment de cornées, dans des cas qui ont été recueillis, documentés et transmis aux autorités palestiniennes compétentes, en vue de les présenter devant les tribunaux internationaux comme des violations pouvant constituer des crimes de guerre.
Dans le même contexte, le contraste flagrant entre les chiffres records de dons d’organes dont se vante l’occupant au niveau international et le manque de transparence quant à la provenance de ces organes soulève des questions juridiques et éthiques légitimes, d’autant plus qu’il existe toute une catégorie de victimes palestiniennes privées de contrôle et de protection, même après leur mort.
Les tombes numérotés… sans nom

Dans le même contexte, la campagne nationale pour la récupération des corps des victimes a confirmé que l’occupation détient 776 corps aux « cimetières numérotés » et des morgues, parmi lesquels se trouvent des dizaines d’enfants et de prisonniers. Considérant cela comme une violation flagrante du respect des morts et un crime de guerre au sens du droit international.
Elle a exigé la libération immédiate et inconditionnelle des corps des martyrs, l’arrêt de la politique de détention et l’autorisation pour les institutions internationales d’accéder aux lieux de détention et d’autopsie, affirmant que la dignité des Palestiniens, vivants ou morts, n’est pas négociable.
Le droit international en jeu

Dans ce contexte, Raed Abu Badwiya, professeur de droit international, a affirmé que la détention des corps des victimes palestiniennes par les autorités d’occupation, leur manipulation ou le prélèvement d’organes vitaux constituent une violation flagrante du droit international humanitaire et des dispositions des Conventions de Genève, et relèvent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Abu Badwiya a déclaré à notre correspondant : « La politique systématique de l’entité consistant à retenir les corps et à voler les organes n’est pas seulement une violation des coutumes humanitaires, mais constitue une tentative de priver les Palestiniens de leurs droits, même après leur mort. Le droit international est clair : tout corps tué ou détenu doit être respecté et enterré dans la dignité, et toute violation de ce droit est considérée comme un crime pouvant faire l’objet de poursuites internationales ».
Il a ajouté que l’absence de contrôle international indépendant sur ce qui arrive aux corps aggrave la la situation et transforme les actes de l’entité génocidaire en violation systématique de l’article 17de la quatrième Convention de Genève et, en se référant aux dispositions de l’article 8 du Statut de Rome, soulignant que ces violations « font de la demande de jugement des responsables devant la Cour pénale internationale un devoir juridique et moral urgent ».
Les acclamations de « Guinness Book » dévoilent le crime
Ces faits font suite à l’annonce par le ministre des Affaires étrangères de l’occupation, Gideon Sa’ar, que l’entité sioniste avait établi un record mondial en matière de dons de reins, et à la célébration de cet exploit par le Guinness Book of World Records, dans un contexte qui reflète une flagrante double norme internationale, où l’occupation est récompensée pour ses « réalisations humanitaires », tandis que les crimes commis contre le corps palestinien ne font l’objet d’aucune poursuite ni enquête.
Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…
Notre dossier Palestine

