Photo : Création d’un avant-poste israélien, Bruqin, 23 mai 2025 © Wahaj Bani Moufleh/Activestills

Communiqué de l’AFPS

Les décisions prises par le cabinet de sécurité israélien dimanche 8 février ont fait l’effet d’une véritable onde de choc en Cisjordanie occupée. Ce qui pourrait passer pour une série de mesures bureaucratiques est en fait un pas de plus dans l’accélération de la colonisation et l’annexion de la Cisjordanie par Israël. Ce sont des mesures qui visent à réformer en profondeur le droit foncier en Cisjordanie et à étendre l’autorité d’Israël sur la totalité de ce territoire occupé.

Bezalel Smotrich, le ministre en charge depuis février 2022 de l’administration du territoire occupé, a déclaré : « Nous renforçons notre emprise sur le terrain et mettons fin à l’idée d’un État terroriste arabe au cœur du pays ». Ce dont il s’agit en réalité, c’est d’empêcher la viabilité de l’État de Palestine, réaffirmer en violation du droit international que la Palestine est israélienne et avancer jour après jour l’annexion de fait de la Cisjordanie.

Ces mesures sont prises sous le prétexte de protéger l’environnement, les ressources en eau et les sites culturels ou religieux que les autorités palestiniennes ne seraient pas capables d’administrer et de protéger selon l’occupant israélien.

Elles visent, en simplifiant l’acquisition de terres palestiniennes par des Israéliens juifs, à faire de la Palestine un vaste marché foncier et immobilier au service de la politique coloniale israélienne. En ouvrant l’accès public aux registres cadastraux, elles vont de plus permettre aux colons d’aller encore plus loin dans le régime de terreur qu’ils exercent en Cisjordanie depuis octobre 2023.

Ces mesures concernant l’acquisition des terres palestiniennes s’accompagnent d’autres visant à déposséder l’Autorité palestinienne du peu de pouvoir que les accords d’Oslo lui accordaient dans des zones restreintes où Israël s’octroie désormais le droit d’intervenir. Ainsi il retire à la municipalité d’Hébron ses responsabilités en matière d’urbanisme. Israël pourra, comme il le fait à Jérusalem, développer les colonies existantes, en construire de nouvelles et détruire les maisons palestiniennes. Sans compter l’appropriation unilatérale du tombeau des patriarches, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en terre palestinienne. Ce sont les colons qui décideront qui peut construire à Hébron en ne tenant plus aucun compte des lois nationales et internationales.

Le gouvernement israélien franchit là une étape décisive vers l’annexion et la prise de contrôle de la Cisjordanie. Israël renforce ainsi le contrôle militaire, administratif et civil sur le territoire palestinien occupé (TPO) alors qu’il devrait déjà l’avoir quitté depuis septembre 2025.

Les réactions de l’Union européenne et de la France les disqualifient une fois de plus. Pour l’UE, Israël fait un pas de plus dans la mauvaise direction et la France condamne sans frais comme d’habitude.

Il convient de rappeler une fois de plus que :

  • Israël n’a rien à faire en territoire palestinien, pas plus en Cisjordanie, qu’à Gaza ou à Jérusalem-Est
  • la colonisation est un crime de guerre, ce que la Cour internationale de Justice (CIJ) a rappelé le 19 juillet 2024 dans l’avis qu’elle a rendu sur l’occupation du territoire palestinien depuis 1967 par Israël
  • la CIJ a exigé qu’Israël démantèle les colonies et que les colons quittent le TPO
  • la CIJ a statué que l’occupation de territoire palestinien par Israël depuis 1967 est illégale et qu’il doit y mettre fin

Le 18 septembre 2024, dans une résolution votée par 124 États dont la France, l’Assemblée générale de l’ONU a affirmé qu’Israël devait mettre fin à la colonisation et l’occupation de la Palestine avant le 18 septembre 2025. La résolution précisait également les mesures que les États doivent prendre pour contraindre Israël à se conformer au droit.

Le gouvernement français n’a à ce jour pris aucune des mesures qu’il a pourtant votées et a continué à garantir à Israël une totale impunité quel que soit le niveau de violation du droit auquel il se livre en toute illégalité. C’est un contrôle total sur le territoire palestinien et sur ses habitant·es qu’il exerce en violation du droit international sans que quiconque l’en empêche.

Cela doit cesser : il est plus que temps que les États prennent les mesures pour lui imposer le respect du droit au lieu de continuer à lui assurer une impunité totale et la perpétration de ses crimes.

Le Bureau National de l’AFPS,
le 11 février 2026

Source : AFPS
https://www.france-palestine.org/…

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