Anadolu via Reuters Connect. Destruction à Jénine après des attaques israéliennes (photo d’archives).

Par ONU Info

Source : ONU Info

Nouvelles opérations sécuritaires, projets de colonisation, expulsions à Jérusalem-Est. Selon le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, l’offensive israélienne en Cisjordanie occupée met en péril la viabilité d’un État palestinien et le droit des Palestiniens à l’autodétermination. Des pratiques qui pourraient relever du crime de guerre, voire du crime contre l’humanité.

Ces mises en garde du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) trouvent un écho sur le terrain à Jérusalem-Est, où les forces de sécurité israéliennes ont conduit, ces dernières semaines, plusieurs opérations dans des quartiers palestiniens. 

« Dans le camp de réfugiés de Shu’fat, elles ont fait des descentes dans des dizaines de maisons et de magasins, arrêté au moins 25 Palestiniens, confisqué des biens et saisi 10 véhicules privés », a déclaré, lors d’un point de presse régulier de l’ONU à Genève, Thameen Al-Kheetan, porte-parole du HCDH.

Lors d’une autre opération de grande envergure, visant le quartier de Kafr Aqab et les limites du camp de réfugiés de Qalandiya, les forces de sécurité israéliennes auraient démoli 70 structures palestiniennes. « Cela semble être en préparation de grands projets de colonisation dans la région », a ajouté M. Al-Kheetan.

Parallèlement à ces opérations sécuritaires et aux destructions, la pression s’intensifie sur les habitants palestiniens par le biais de procédures administratives et judiciaires visant leur expulsion.

Selon les services du Haut-Commissaire Volker Türk, Tel Aviv a émis depuis le 23 janvier dernier des ordres d’expulsion à l’encontre d’une vingtaine de foyers palestiniens dans le quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem et dans les zones d’Al-Bustan et de Batn Al Hawa à Silwan. Cette mesure fait suite à une série d’avis similaires émis au cours des deux derniers mois, qui touchent des centaines de Palestiniens qui risquent toujours d’être déplacés de force dans la région de Silwan. 

Cela s’ajoute au déplacement forcé de dizaines de milliers de Palestiniens à travers la Cisjordanie occupée depuis l’année dernière, notamment lors de l’opération militaire israélienne baptisée « Mur de fer » il y a un an, qui visait trois camps de réfugiés. Selon l’ONU, plus de 32.000 personnes qui ont été déplacées de force des camps de Jénine, Tulkarem et Nur Shams ne peuvent toujours pas rentrer chez elles. Pour beaucoup, leurs maisons ont été détruites par les forces israéliennes.

Face à l’ampleur de ces déplacements forcés et à leurs conséquences durables, le HCDH appelle la communauté internationale à agir. « La poursuite de l’expansion des colonies ne fera que renforcer la ségrégation raciale à l’encontre du peuple palestinien et ralentir la réalisation de son droit à l’autodétermination », a insisté M. Al-Kheetan.

© UNICEF/Alaa Badarneh. Les membres d’une famille palestinienne transportent leurs affaires
dans le camp de réfugiés de Nur Shams, au nord de la Cisjordanie.

Cet appel s’inscrit dans un contexte de violences et de pressions accrues sur le terrain, qui accompagnent et facilitent l’expansion continue des colonies israéliennes. Selon l’ONU, les colonies israéliennes continuent de s’étendre à un rythme sans précédent, en violation du droit international. 

En décembre, les autorités israéliennes ont lancé des appels d’offres pour la construction de plus de 3.000 logements dans la zone située entre trois des plus importants centres urbains palestiniens : Jérusalem-Est, Ramallah et Bethléem. 

Cette accélération de la colonisation s’inscrit dans un contexte plus large de violences persistantes, marquées par des décès palestiniens en nombre et une absence de poursuites effectives.

Entre le 7 octobre 2023 et le 5 février 2026, les forces israéliennes et les colons ont tué 1 054 Palestiniens en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est. Douze ont été tués à l’intérieur d’Israël.  Au cours de la même période, 62 Israéliens auraient également été tués lors d’attaques palestiniennes ou d’affrontements armés, tant en Cisjordanie qu’en Israël.

Parallèlement à ce bilan humain, la vie quotidienne des Palestiniens est profondément affectée par des déplacements forcés et des démolitions de logements.

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a indiqué jeudi que « les déplacements massifs » se poursuivaient en Cisjordanie occupée, où plus de 900 Palestiniens ont été contraints de quitter leur foyer depuis le début de l’année 2026, dans un contexte de recrudescence des violences et des démolitions par les colons israéliens.

« Ces chiffres datent d’hier (mercredi), et en seulement deux semaines, du 20 janvier à ce lundi, l’OCHA a recensé plus de 50 attaques de colons israéliens qui ont fait des victimes, causé des dommages matériels, ou les deux », a détaillé l’OCHA dans son dernier rapport de situation. 

L’agence onusienne procède actuellement à une évaluation préliminaire des dégâts et des besoins à la suite de ces incidents, afin d’orienter l’action humanitaire menée par l’ONU et ses partenaires.

Source : ONU Info
https://news.un.org/fr/…

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