Toumi Djaïdja appelle enfin à un sursaut collectif face au racisme. D. R.
Par M. Aït Amara
A la suite de l’assassinat raciste d’Ismaël Aali, jeune homme de 20 ans tué le 6 janvier 2026, et après la marche blanche organisée à Chalon-sur-Saône ainsi que le rassemblement à Lyon, Toumi Djaïdja, organisateur et figure emblématique de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, nous a adressé un message poignant.
Dans cette prise de parole, il revient sur le drame qui a coûté la vie au jeune homme, évoquant «un silence glacé» autour de cette mort et une «nouvelle blessure infligée au cœur de notre société». Pour Toumi Djaïdja, le meurtre d’Ismaël Aali illustre la réalité persistante d’une haine raciste qui continue de frapper, malgré des décennies de mobilisation.
L’initiateur de la marche de 1983 établit un parallèle direct entre ce crime et l’histoire des luttes antiracistes en France. Il rappelle qu’il y a quarante ans, il lançait une marche à travers le pays avec un message unique : l’égalité pour tous et la volonté de rendre hommage à toutes les victimes de l’intolérance et du racisme. Cette mobilisation, explique-t-il, portait alors un véritable espoir d’unité nationale.
Mais Toumi Djaïdja déplore que cet élan ait été détourné. La Marche pour l’égalité a été «récupérée et dévoyée par certains médias», qui l’ont rebaptisée «Marche des Beurs», s’indigne-t-il. Un terme qu’il considère comme destiné à «en dévitaliser l’esprit et à en vider le sens profond». Il évoque également une instrumentalisation politique, accusant une partie de la classe politique de l’époque d’avoir «tué une belle promesse d’égalité républicaine pour tous».
Quarante ans plus tard, son constat demeure sombre. Toumi Djaïdja affirme que «les paroles et les actes racistes émanent toujours d’une frange de la population», une frange, encouragée, regrette-t-il, par «une certaine presse» où le racisme est désormais présenté «comme une opinion parmi d’autres».
Dans ce contexte, sa pensée va avant tout à la victime. Il dit avoir une «pensée émue pour Ismaël Aali» et qualifie sa mort de «crime innommable». Il pointe également la responsabilité du monde politique actuel, estimant qu’«une partie manque de courage» et «tarde à assumer ses responsabilités».
Face à l’émotion suscitée par l’assassinat et par les mobilisations organisées en hommage à Ismaël Aali, Toumi Djaïdja appelle enfin à un sursaut collectif. Selon lui, «quelque chose de bien plus grand doit nous rassembler», afin que «meure le racisme».
Un appel qui résonne avec les revendications de la famille et des proches d’Ismaël Aali, toujours mobilisés pour obtenir vérité, justice et transparence sur les circonstances de la mort du jeune homme.
M. A.-A.
Source : Algérie patriotique
https://algeriepatriotique.com/…
Reçu de Toumi Djaïdja pour publication
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