UN News. Camp de déplacés à Gaza le long de la côte.
Par ONU Info
Source : ONU Info
Les fortes pluies ont déchiré, emporté ou inondé des milliers de tentes dans les sites de déplacement de l’enclave palestinienne. Vent, eau et sols bas ont transformé les camps en pièges, exposant près de 800.000 déplacés gazaouis à des risques majeurs, ont alerté des agences humanitaires de l’ONU.
Sur la base de la cartographie des risques d’inondation avant l’hiver, le groupe de gestion des sites estime que les communautés côtières sont parmi les plus touchées, car les familles installent des abris de fortune sur des terres basses et sablonneuses vulnérables aux inondations causées par les pluies et la mer.
Avant l’hiver, près de 25.000 personnes (4.400 familles) vivaient dans des zones côtières à haut risque, bien que des efforts aient été faits pour reloger les plus vulnérables.
« Mais le manque de terrains sûrs a contraint de nombreuses familles à rester dans des endroits exposés, notamment sur des sites situés directement sur la plage », a détaillé dans son dernier rapport, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).
Au-delà de ces zones particulièrement exposées, la crise du logement touche désormais l’ensemble du territoire. La quasi-totalité de la population de Gaza reste déplacée, souvent à plusieurs reprises, et on estime que plus d’un million de personnes ont besoin d’une aide d’urgence pour se loger.
Habitants pris au piège de bâtiments endommagés
Cette situation de déplacement massif se double d’une absence quasi totale de solutions de relogement, laissant les habitants face à des choix de survie.
« En l’absence d’alternatives viables, les habitants de Gaza continuent de vivre dans des bâtiments structurellement endommagés, où les tempêtes de pluie et les vents récurrents augmentent considérablement le risque d’effondrement », note l’OCHA.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, 25 personnes, dont des enfants, sont décédées depuis la mi-décembre à la suite de l’effondrement de bâtiments déjà endommagés par les conditions météorologiques. Une situation d’autant plus préoccupante que les moyens pour y faire face demeurent extrêmement restreints.
D’autres tempêtes sont attendues, mais les partenaires humanitaires restent limités à des solutions d’urgence à court terme et ne sont pas en mesure de mettre en œuvre des mesures durables d’atténuation des inondations ou de reconstruction. « Les familles disposent de peu de ressources pour préparer leurs abris à l’hiver ou les reconstruire ».

© UNRWA. Les Palestiniens déplacés vivent dans des tentes improvisées
le long des plages de Gaza au milieu des inondations et des conditions d’hiver difficiles.
Humanitaires mobilisés face aux pénuries
Selon l’OCHA, cela est dû aux restrictions d’entrée des matériaux destinés à la construction d’abris et à l’amélioration des sites, notamment les équipements de drainage (pompes, tuyaux de drainage, etc.) et surtout les matériaux de reconstruction (ciment, bois, etc.), dont beaucoup sont classés comme des articles « à double usage ». Or sans ces matériaux, « les sites de déplacement sont régulièrement inondés et les abris doivent être remplacés », souligne l’OCHA dans son rapport.
Sur le terrain, ces contraintes se traduisent par une précarité durable, à laquelle les organisations humanitaires tentent d’apporter des réponses d’urgence.
Depuis début décembre, les partenaires humanitaires ont fourni à environ 128.000 ménages des tentes et d’autres abris ainsi que des articles non alimentaires acheminés à Gaza par le biais de la coordination de l’ONU ou de canaux bilatéraux.

© PAM/Maxime Le Lijour. Des repas chauds soutenus par le PAM sont livrés dans une cuisine de Khan Younis, à Gaza.
L’aide humanitaire a triplé depuis le cessez-le-feu
Ces distributions s’inscrivent dans un effort humanitaire plus large, qui s’est intensifié depuis l’entrée en vigueur de la trêve. Trois mois après le cessez-le-feu, plus de 164.000 tonnes d’aide humanitaire ont été collectées par les Nations Unies et leurs partenaires aux points de passage de Gaza, dont près de 19.000 tonnes au cours des dix premiers jours de janvier.
Il s’agit d’une moyenne mensuelle d’environ 54.000 tonnes, soit près de trois fois la moyenne mensuelle collectée entre le 19 mai 2025, date à laquelle l’entrée limitée de l’aide a repris après un blocus de 78 jours sur l’entrée des fournitures à Gaza, et le cessez-le-feu du 10 octobre.
Selon l’OCHA, l’amélioration des livraisons de nourriture a permis, pour la première fois depuis octobre 2023, de couvrir entièrement les besoins caloriques minimaux grâce à des rations alimentaires mensuelles et d’augmenter de 70 % la production de repas et de pain au cours des trois derniers mois.
Si la situation alimentaire s’améliore grâce à l’augmentation des livraisons, les effets du cessez-le-feu ne suffisent pas à éliminer tous les obstacles, notamment les routes endommagées, la capacité de stockage limitée et les restrictions sur les matériaux, qui continuent d’entraver l’efficacité des interventions humanitaires.
Phase 2 du plan de paix américain
De son côté, le Secrétaire général de l’ONU a estimé jeudi que l’annonce, le 14 janvier, du lancement de la deuxième phase du plan en 20 points du Président américain Donald Trump – comprenant la mise en place d’une administration palestinienne technocratique de transition à Gaza et du Comité national pour l’administration de Gaza – constituait « une étape importante ».
Le Secrétaire général @antonioguterres salue le début de la 2e phase du cessez-le-feu à Gaza, annoncé par les États-Unis le 14 janvier
— ONU Info (@ONUinfo) January 15, 2026
Il considère toute mesure visant à atténuer les souffrances des civils et à soutenir le redressement comme une évolution positive https://t.co/rx7Aj0nAXO
« Toute initiative contribuant à atténuer les souffrances des civils, à soutenir le relèvement et la reconstruction et à ouvrir des perspectives politiques crédibles est un progrès positif », a dit son porte-parole adjoint, Farhan Haq, dans une déclaration à la presse.
Le Secrétaire général souligne que tous les efforts doivent être guidés par le droit international.
« L’ONU continuera de soutenir tous les efforts et d’accompagner les Palestiniens et les Israéliens afin de mettre fin à l’occupation et au conflit, en vue de parvenir à une solution à deux États », a ajouté son porte-parole.
Démarrer la reconstruction
Pour sa part, Jorge Moreira da Silva, directeur exécutif du Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), a plaidé jeudi pour démarrer immédiatement les efforts de reconstruction à Gaza.
« En parcourant les routes jonchées de décombres, l’ampleur des destructions est accablante. Maisons, écoles, cliniques, routes, réseaux d’eau et d’électricité ont été rasés ou gravement endommagés », a-t-il dit lors d’une conférence de presse par visio-conférence depuis Jérusalem pour parler de sa visite à Gaza.
L’enclave palestinienne compte plus de 60 millions de tonnes de décombres. En moyenne, chaque habitant de Gaza est aujourd’hui entouré de 30 tonnes de décombres. Le déblaiement de ces décombres prendra probablement plus de sept ans, a-t-il noté.
« L’UNOPS, avec ses partenaires, est prêt à apporter son soutien pour le déblaiement des décombres, le rétablissement de l’approvisionnement en énergie, la gestion des déchets et la fourniture d’abris », a-t-il affirmé, ajoutant que son agence continue d’acheminer le carburant indispensable à des fins humanitaires et collabore avec le Service de la lutte antimines des Nations Unies sur les risques liés aux munitions non explosées.
« Le relèvement rapide doit commencer immédiatement, notamment pour rétablir l’accès aux services de base », a déclaré Jorge Moreira da Silva, appelant à une amélioration de l’accès humanitaire, à l’ouverture de tous les points de passage et corridors, y compris la reprise de l’acheminement direct de l’aide à Gaza par le « corridor jordanien ».
Source : ONU Info
https://news.un.org/fr/…
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