Le président Tebboune s’adresse à la nation. D.R.

Par Mohsen Abdelmoumen

Au cours d’une session extraordinaire organisée ce 30 décembre devant les deux chambres, le président Tebboune a prononcé un discours solennel à la nation dans lequel il s’est exprimé sur de nombreux sujets très importants avec force et clarté. Ce que l’on peut considérer comme un compte rendu de la situation du pays nous permet de voir dans leur ensemble les réalisations effectuées et à venir sous le second mandat du président.

Elément très important lors de cette allocution à la nation, le président a martelé sa volonté de maintenir le pays dans sa vocation d’être au service de son peuple. L’Algérie est un Etat social et le restera, rappelant que le colonialisme avait condamné notre peuple à la misère et que nos martyrs avaient combattu pour offrir au peuple algérien un Etat social et démocratique. Cette affirmation du président de la République renforcée par un geste de la main frappant la table comme à l’époque de feu Houari Boumediene est un message direct adressé à tous les néolibéraux révisionnistes qui rêvent de faire de l’Algérie un pays capitaliste à l’instar des pays occidentaux gouvernés par une oligarchie prédatrice qui écrase les peuples. L’Etat social algérien est consacré dans l’Appel du 1er Novembre et la 5e, la 6e ou la 7e colonne n’y changeront rien du tout. L’Algérie est un des rares pays au monde qui soit issu d’une révolution et qui continue à soutenir son peuple envers et contre toutes les pressions internes et externes. L’Etat algérien se construit autour et en fonction du bien-être de son peuple : la gratuité des soins, de l’enseignement, et autres acquis sociaux constituent l’héritage que nous ont légué nos martyrs. Alors, réjouissons-nous et soyons fiers de vivre en Algérie, contrairement à ce que prétendent les traîtres qui essaient de présenter notre pays comme un modèle d’échec. Car ne nous leurrons pas, c’est surtout pour cette politique sociale que l’Algérie est combattue, parce qu’elle est le contremodèle de ce qu’imposent à leurs peuples les régimes néolibéraux et les monarchies rétrogrades.

Le pouvoir d’achat des Algériens était un axe central dans le discours du président Tebboune. Il ne s’agit pas de « rendre riche », mais de garantir un minimum digne, de protéger contre l’inflation et d’éviter les chocs brutaux sur les prix, tout en augmentant progressivement les revenus. Ainsi, le président a affirmé sa priorité à la protection du pouvoir d’achat malgré les contraintes budgétaires avec la hausse des salaires, l’augmentation des pensions de retraite et la revalorisation des indemnités, l’augmentation des allocations de chômage, la suppression de l’impôt sur les revenus les plus faibles, le contrôle des prix et la lutte contre la spéculation, notamment sur les produits alimentaires de base, et a mentionné que des sanctions seraient appliquées sévèrement contre les pratiques abusives. On notera au passage que la Issaba bien planquée mais toujours active alimente la spéculation au service de Fafa et fait grimper les prix notamment sur la viande en période de l’Aïd. Le président a reconnu l’échec de l’Etat sur la filière de la viande, la production nationale ne couvrant pas les besoins de la population malgré les potentialités agricoles du pays et a préconisé le recours momentané (en attendant une réorganisation de la filière d’élevage) à l’importation de viande, y compris pour l’Aïd, comme un outil de régulation afin de casser la flambée des prix, tout en fustigeant les spéculateurs qui, a-t-il promis, seront punis. L’indépendance alimentaire est l’un des objectifs que le président s’est fixé et sa phrase « un peuple qui ne produit pas sa nourriture a du mal à être libre » est emblématique de sa politique, et l’autosuffisance alimentaire est un enjeu stratégique qui commence à se réaliser dans plusieurs secteurs comme les légumineuses (pois chiches, haricots, lentilles, etc.) et avec une augmentation significative des superficies consacrées à la culture des céréales.

Il a également argué que le maintien des subventions de l’Etat sur des postes clés tels que l’alimentation de base, l’électricité, l’eau et le logement représentent un bouclier social qui protège contre les chocs inflationnistes, et que, grâce à ces subventions étatiques, le coût des services essentiels que sont l’éducation, la santé, le logement social et l’énergie préserve le niveau de vie des Algériens. Le pouvoir d’achat des citoyens, les augmentations de salaires, des pensions, des allocations de chômage, la distribution de nouveaux logements, beaucoup d’efforts sont faits et il est important de le rappeler au moment où dans d’autres pays, les populations connaissent le détricotage de leurs acquis sociaux et voient se réduire leurs moyens de subsistance à une peau de chagrin. L’Etat algérien, lui, apporte des améliorations significatives aux conditions de vie de ses citoyens. Et je rappelle que l’Algérie est le seul pays dans le monde arabe et le seul en Afrique à verser des allocations de chômage. Bienheureux celui qui vit en Algérie aujourd’hui.

Le président Tebboune a argumenté en comparant l’espérance de vie juste après la colonisation. A l’issue de notre grande Révolution, l’Algérien ne dépassait pas l’âge de 55 ans en moyenne, la France coloniale ayant affamé notre peuple pendant 132 ans pour se goinfrer de nos richesses. Aujourd’hui, le citoyen algérien atteint 77 ans (76 pour les hommes et 78 pour les femmes). Au niveau de l’accès à l’éducation et à l’alphabétisation, la France coloniale a quitté l’Algérie en 1962 en laissant sa population avec un taux de 90% d’analphabètes, alors que le peuple algérien était bien plus instruit que la soldatesque française quand celle-ci a envahi notre terre en 1830. Et certains nostalgiques de l’OAS et autres Bolloré boys and girls, ces chemises brunes du premier quart du XXIe siècle, osent pérorer sur les « bienfaits de la colonisation » dans les chaînes télé-poubelles parisiennes ! Aujourd’hui le nombre d’élèves scolarisés jusqu’au baccalauréat atteint les alentours de 13 millions d’élèves, et l’on voit sortir 250 000 diplômés de nos universités tous les ans. Sans oublier que la scolarité est entièrement gratuite et que de nouvelles écoles sont construites chaque année, que la modernisation scolaire est déjà bien entamée avec l’introduction de l’anglais au primaire, ainsi qu’avec la généralisation des tablettes pour alléger les cartables.

Parmi les grandes réalisations en cours, le président Tebboune a évoqué la mine de Gara Djebilet, un projet cher au président Boumediene, ainsi que l’achèvement de la construction d’un chemin de fer qui relie la mine à la côte. Près de 1 000 km de voies ferrées, ponts compris, ont été construits en un an et demi par des ingénieurs et travailleurs algériens avec l’aide de nos amis chinois, mais 90 % du personnel est algérien. Et je rends hommage à ces hommes, parmi lesquels je compte des amis, qui ne ménagent pas leurs efforts dans cette construction en plein désert par des chaleurs torrides et qui ont relevé un véritable défi. Le rêve du président Boumediene s’est aujourd’hui réalisé et bientôt nous verrons l’arrivée d’un premier train minier à Oran. Le président Tebboune a aussi annoncé sa volonté d’augmenter la production de phosphate pour atteindre 10,5 Mt/an dans l’intention de préserver l’Algérie lors de la prochaine « bataille des engrais ». Par ailleurs, l’industrialisation du pays se poursuit avec notamment la production de médicaments, le dessalement des eaux et le solaire pour fournir de l’électricité. Le président a aussi annoncé la mise en avant d’un « nouveau pacte économique » avec 19 000 projets d’investissement déclarés permettant la création de 500 000 emplois et le projet de créer 20 000 start-ups d’ici la fin du mandat. C’est par le travail que l’on construit un pays et non par le verbiage sur YouTube des agitateurs stipendiés par nos ennemis.

Le président Tebboune a aussi envoyé des messages subliminaux à tous les traîtres et ennemis de l’Etat algérien, qu’ils soient au-delà des mers ou intra-muros. Ainsi qu’il l’a déclaré, Abdelmadjid Tebboune ne vient pas de la planète Mars, il est algérien et il sait parler aux Algériens. Quand il dit qu’il n’y a pas de différence entre un Algérien du nord et un Algérien du sud, et que l’Algérie est faite pour tous les Algériens, il touche à l’essentiel. Et celui qui veut diviser l’Algérie finira très mal, a-t-il assené. Je souscris totalement à cette sentence : l’unité nationale comme le caractère social de l’Etat sont intouchables. Car nous avons connu tous les enfers et nous devons préserver notre pays de ce qu’il a déjà vécu. Rappelons-nous, qu’étions-nous en tant que peuple pendant la nuit coloniale ? Nous étions des sujets non-citoyens, des sous-hommes au regard des colons qui occupaient notre territoire en maîtres. Nous avons reconquis notre valeur et notre dignité d’hommes et de femmes debout, maîtres chez eux, en chassant le colonialisme de notre terre au cours d’une épopée qui a inspiré de nombreuses nations. Nous sommes sortis d’un gouffre de ténèbres qui a été ouvert pour nous par deux fois, car à peine trente ans après notre victoire éclatante sur la France coloniale, des cercles occultes nous ont offert un nouvel enfer avec la décennie noire, suivie par vingt ans de prédation d’une caste compradore qui a failli précipiter le pays dans un nouvel abîme. La liquidation de la classe moyenne a ébranlé le pays et était la conséquence d’un véritable complot. Le président a eu raison de le souligner. Nous revenons décidément de très très loin.

Quand je compare l’Algérie d’aujourd’hui avec celle que ma génération a connue, il y a un monde de différence. Nous avons aujourd’hui un pays moderne qui rayonne à l’international et il suffit pour cela de voir l’hommage qui a été rendu à notre diplomatie en la personne d’Amar Bendjama qui a été élu « Diplomate de l’année » par un média américain à l’issue de sa mission comme représentant permanent au Conseil de l’ONU. Amar Bendjama a représenté l’Algérie avec honneur au sein de ce Conseil et a porté haut la voix de notre pays en défendant sans faillir la cause palestinienne, ainsi que celle du peuple sahraoui. Alors, l’Algérie isolée ? Quelle blague ! Nous voyons les officiels de pays étrangers qui affluent en Algérie pour proposer des partenariats satisfaisants pour les deux parties. Ainsi, le président a rappelé que 309 projets sont en cours avec une participation étrangère couvrant 1300 milliards DZD, soit 9,5 milliards de dollars. Malgré toutes les menaces et les pressions, le président a réaffirmé le soutien indéfectible de l’Algérie à la cause palestinienne et a eu des mots très durs pour condamner le génocide pratiqué sur la population de Gaza. Le président a aussi réaffirmé son soutien à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Nous ne craignons personne et notre position noble restera intangible, et c’est un honneur d’appartenir à un pays qui défend fermement ses positions pour les causes justes des peuples et refuse de se soumettre. C’est à souligner au moment où l’impérialisme se déchaîne et où le sionisme extermine tout un peuple, où le Maroc vassal spolie et pille les richesses d’un peuple en complicité avec les Occidentaux et l’entité nazisioniste d’Israël.

Déclarer que l’Algérie ne tolère pas que l’on spolie les peuples dans sa région est un message clair adressé au larbin marocain veule, hypocrite et lâche. Personne ne peut imposer sa loi à un peuple qui possède une terre et qui est forcé de se réfugier dans des pays étrangers. L’Algérie ne s’ingère dans aucun pays mais l’injustice que vit le peuple sahraoui est inqualifiable. Concernant Bousbirland, le président n’a même pas pris la peine de citer cette entité voyou. La seule façon de traiter ce royaume féodal en totale perdition est de l’ignorer tout en restant vigilant quant à ses multiples et diverses tentatives de nuire.

On le voit encore avec l’agression impérialiste américaine contre le Venezuela, le monde est une jungle où règne la loi du plus fort. Les Etats-Unis et l’Occident nous ont une fois de plus démontré qu’il n’y a ni droits de l’homme, ni démocratie, ni rien du tout. Les masques sont tombés. Quand le président légitime du Venezuela est enlevé avec son épouse par les cow-boys yankees, on comprend qu’il est inutile de parler encore de justice et de droit international. Les pays souverains et leurs armées sont ciblés afin de piller les richesses. Notre devoir de patriotes est de défendre notre souveraineté et de soutenir nos dirigeants. Nous n’avons aucun intérêt personnel à le faire, c’est une question de conviction, et notre seule motivation est d’honorer la mémoire de nos martyrs. Notre grande armée issue de notre peuple défend notre territoire et ses richesses, et nous sommes tous prêts à donner notre vie pour notre chère patrie. No pasaran ! Ils ne passeront pas ! Et lorsque nous disparaîtrons parce que notre temps est arrivé à son terme, nous partirons le cœur tranquille en voyant notre drapeau blanc vert et rouge flotter fièrement au vent et en sachant que nous laissons un Etat souverain derrière nous pour accueillir les générations futures. Nous vaincrons ! L’Algérie, citadelle de la résistance, restera debout. 

Mohsen Abdelmoumen

Source : auteur
https://mohsenabdelmoumen.wordpress.com/…

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