Communiqué de l’AFPS
En ce début d’année 2026 les Palestinien·nes de Gaza restent soumis aux attaques israéliennes et à des conditions d’existence insupportables aggravées par l’hiver et le refus d’Israël de laisser entrer l’aide humanitaire dans la bande de Gaza – le génocide à Gaza est toujours en cours ; la colonisation à marche forcée ainsi que les exactions et la répression de l’occupation israélienne s’intensifient en Cisjordanie ; la presse internationale reste interdite à Gaza et des dizaines d’ONG sont maintenant interdites d’entrée et empêchées d’apporter aux populations une assistance vitale.
C’est dans ce contexte qu’a été mise à l’agenda de l’Assemblée nationale (le 14 janvier en Commission des Lois et le 19 janvier en plénière) la proposition de loi (PPL) 575 de la députée Caroline Yadan qui, sous prétexte de « lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », entend réprimer l’expression sur tout ce qui concerne l’État d’Israël et la politique qu’il mène vis-à-vis du peuple palestinien, alors que le libre débat sur ce sujet, qui devrait être la règle, fait déjà l’objet de nombreuses entraves dans notre pays.
Israël viole tous les jours le droit international et les droits humains, commet à l’encontre du peuple palestinien des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et le crime de génocide. L’AFPS rappelle que critiquer la politique menée par un État relève de la liberté d’expression. C’est le cas concernant Israël et la politique qu’il mène et cela n’a rien à voir avec l’antisémitisme.
Il est indigne de manipuler la lutte contre l’antisémitisme pour tenter de museler les critiques qui s’expriment contre l’État d’Israël, sa politique et les crimes qu’il commet. Il est dangereux de séparer la lutte nécessaire contre l’antisémitisme du combat général contre le racisme sous toutes ses formes, et de l’assimiler ainsi de facto à la défense de l’État d’Israël, de sa politique et de ses crimes. De plus, par l’assignation identitaire à Israël des Français juifs et des Françaises juives, cette proposition de loi les expose alors qu’elle prétend les protéger, et présente des risques majeurs pour la cohésion de la société française.
La gravité de cette attaque contre la liberté d’expression, les dangers de ce détournement du combat essentiel contre l’antisémitisme et toutes les autres formes de racisme, dépassent très largement l’appréciation que l’on peut avoir de la situation en Palestine et en Israël, dans une légitime diversité d’opinions. Elle doit interpeller toutes et tous les démocrates attaché·es à la liberté d’expression et à l’universalité de la lutte contre le racisme sous toutes ses formes.
L’AFPS appelle à un débat sincère, honnête et exigeant sur la montée des racismes et des violences en France, dont l’antisémitisme et l’islamophobie. Les institutions françaises doivent résister à toute ingérence étrangère, directe ou indirecte, dans les débats politiques de notre pays.
Pour préserver la liberté d’expression et le débat démocratique, pour lutter sérieusement contre l’antisémitisme et toutes les autres formes de racisme, nous appelons, avec nos partenaires, au retrait immédiat de la Proposition de Loi Yadan de l’agenda de l’Assemblée nationale et de celui de la Commission des lois.
Le Bureau national de l’AFPS, le 5 janvier 2026
Lire l’argumentaire préparé par la Plateforme française des ONG pour la Palestine, dont l’AFPS est membre aux côtés d’importantes organisations de défense des droits humains et ONG françaises.
Source : AFPS
https://www.france-palestine.org/…

