Au petit matin du 3 janvier 2026, des troupes états-uniennes ont perpétré une incursion criminelle en territoire vénézuélien. Elles ont bombardé divers points stratégiques du pays, endommagé les infrastructures, assassiné des militaires et des civils, et enlevé le président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolás Maduro Moros, ainsi que son épouse, Cilia Flores.
Cette opération représente l’attaque la plus grave et la plus violente perpétrée par les États-Unis contre un pays des Amériques depuis l’invasion de la Grenade (1983) et du Panama (1989).
Depuis septembre 2025, sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue, l’administration de Donald Trump a lancé une nouvelle offensive contre le Venezuela, qui est passée de pressions économiques et d’attaques contre des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue, au détournement de pétroliers et au plus grand blocus naval et aérien jamais vu, dans le but de renverser le gouvernement de Nicolás Maduro et d’installer un gouvernement fantoche qui livrerait le pétrole, l’eau et les autres ressources du pays à l’impérialisme.
L’offensive contre le Venezuela intervient dans le contexte du lancement par Donald Trump de son corollaire à la doctrine Monroe pour renforcer l’hégémonie impériale affaiblie par les changements géopolitiques au niveau mondial sous la domination médiatique mondiale des États-Unis ; une tentative est faite pour montrer que l’opération criminelle bénéficie du soutien du peuple vénézuélien.
Seules quelques manifestations isolées et marginales de soutien à Trump ont été observées dans certaines villes d’Europe et d’Amérique latine. Aucune au Venezuela. De même, aucune force politique influente au Venezuela n’a réussi à se prononcer en faveur de l’enlèvement du président. Un peu partout, au contraire, des manifestant(e)s sont sorti(e)s dans la rue pour répudier la barbarie : ils et elles étaient des milliers à Paris.
Cependant, ces opérations de terreur psychologique créent le décor idéal pour le « changement de régime » tant espéré par Trump : un Nicolás Maduro, préalablement construit comme «narco-dictateur» par les médias, menotté et vêtu d’une tenue de prisonnier, présenté devant un tribunal new-yorkais comme s’il s’agissait d’un nouveau procès contre El Chapo Guzmán.
Dégrader le président et chef du processus révolutionnaire au Venezuela au rang de criminel ordinaire est nécessaire pour que l’impérialisme puisse progresser dans ce qu’il promet être une « transition pacifique » entre l’actuelle présidente intérimaire de la République, Delcy Rodríguez, et l’oligarque d’extrême droite María Corina Machado ou l’ancien candidat de l’opposition, Edmundo González.
Le soi-disant « changement de régime » n’est rien d’autre qu’une tentative d’imposer un dirigeant « fantoche » qui livrera les ressources naturelles du pays aux États-Unis.
L’enlèvement de Maduro et de son épouse a sans aucun doute été rendu possible par des erreurs des services de renseignement et de sécurité vénézuéliens, ainsi que par une infiltration réussie des États-Unis au sein du cercle rapproché du président. Cependant, un changement de régime est encore loin d’être acquis, comme en témoignent les événements qui se déroulent dans le pays.
Au Venezuela, la grande majorité de la population est rapidement passée de la confusion et du choc des premières heures du matin à l’indignation, au courage et à un esprit combatif. Comme au lendemain du coup d’État des États-Unis de 2002 contre le président Chávez, avec (déjà) l’appui d’une certaine Maria Corina Machado, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour exiger le retour sain et sauf de leur président et ont condamné les actions militaires états-uniennes.
Les forces armées ont démontré leur unité et leur loyauté envers le peuple et son président. Au-delà du discours répandu selon lequel le Venezuela vit sous une dictature qui bafoue les libertés civiles, la Révolution bolivarienne, initiée sous la direction d’Hugo Chávez en 1998 et poursuivie aujourd’hui par Nicolás Maduro, propulse un socialisme basé sur la démocratie directe des autogouvernements communards – où les postes de responsabilité sont assumés par 70 de femmes – et a réussi à forger une unité entre le peuple et les forces armées bolivariennes, une unité que l’opération du 3 janvier 2026 ne pourra pas briser aussi facilement.
Une organisation de 5336 communes et circuits communaux, appuyée par des unités de citoyen(ne)s en armes et déployées sur l’ensemble du territoire national, constitue le fondement de la seule force qui, au-delà de l’appareil d’État, puisse mettre un terme à l’occupation néocoloniale : la force populaire.
Aujourd’hui est un moment décisif pour le peuple vénézuélien. Sa capacité à défendre son territoire rue par rue, commune par commune, ainsi que sa détermination inébranlable à résister à toute trahison ou tentative d’un politicien félon se prétendant capable de garantir la transition tant attendue par Trump, seront les facteurs les plus déterminants pour l’avenir souverain de ce pays.
Dès le samedi après-midi, la vice-présidente de la république a réuni le Conseil National de Défense et a indiqué que le gouvernement du pays restait sous l’autorité du chavisme, que Nicolás Maduro était le seul président légitime du Venezuela et que l’union civico-militaire était en place pour défendre la souveraineté nationale. En insistant : « Nous exigeons la libération de Nicolás Maduro. Les forces de sécurité sont mobilisées pour préserver notre intégrité territoriale, sauvagement attaquée aujourd’hui. Nous ne serons plus jamais les esclaves ni la colonie d’aucun empire. Le seul président du Venezuela est Nicolás Maduro Moros », a-t-elle déclaré. Delcy Rodriguez a aussi rappelé à la communauté internationale que si le Venezuela était la cible d’une telle action, ses voisins seraient directement menacés. Trump a déjà menacé le Mexique, la Colombie, Cuba et le Nicaragua.

Accompagnée des ministres, magistrats et chefs militaires, Rodríguez a confirmé le décret d’état d’urgence extérieur signé par Maduro et l’a remis à la présidente du Tribunal Suprême de Justice (TSJ), Caryslia Rodríguez. Ce décret crée un Conseil national de défense, réunissant des représentants des différentes branches du gouvernement. Elle a également cité la Lettre de Jamaïque, un document rédigé en 1815 où le libérateur Simón Bolívar exprime les principes d’indépendance des pays d’Amérique latine : “Le voile s’est déchiré. Nous avons vu la lumière et maintenant ils veulent nous faire retourner dans l’ombre. Mais nos chaînes sont brisées. Nous sommes libres et nos ennemis veulent nous asservir.”
Rodríguez a appelé la population au calme afin que le gouvernement puisse poursuivre le projet politique initié il y a 27 ans. Selon elle, Maduro a montré à plusieurs reprises son souhait de nouer le dialogue avec les États-Unis mais la réponse a été celle de « la violence et de l’agression ». « Ce gouvernement souhaite depuis le début maintenir un dialogue constructif. Or, nous assistons à une violation et à une agression. Nous demandons au peuple vénézuélien de garder son calme afin que, dans une parfaite unité civique et militaire, nous puissions défendre notre souveraineté et notre indépendance, unis comme un seul peuple, pour notre cher Venezuela ». Dans ce discours de 20 minutes, elle a déclaré que les extrémistes de droite « seront jugés par l’histoire et par la justice » et qu’ils seront « relégués aux oubliettes de l’histoire ». «Nous avons ici un gouvernement clairvoyant. Je reprends les propos du président : nous sommes attachés au respect et à la légalité internationale. C’est la seule condition que nous accepterons pour toute relation, après l’attaque militaire dont notre nation a été victime. », a conclu la vice-présidente de la République Bolivarienne. Un peu plus tard, le Tribunal Suprême de Justice l’a nommée présidente par intérim.
Des jours très difficiles s’annoncent pour le Venezuela et pour le monde. Alors que les organisations internationales ont démontré leur incapacité à mettre fin au génocide à Gaza, nous imaginons avec effroi ce qui pourrait advenir. Cependant, vaincre l’horreur, même dans les heures les plus sombres, est possible. La Colombie, le Mexique, le Brésil, la Russie et la Chine ont qualifié cet acte d’« hégémonisme criminel ». Le monde multipolaire observe, et cette agression accélère l’union des pays du Sud contre les actions unilatérales des États-Unis. L’espoir ne peut naître que de la base, du peuple vénézuélien et d’un mouvement mondial qui descendra dans la rue pour vaincre l’indifférence et la terreur.
Sources : Magdiel Sánchez Quiroz pour La Jornada https://www.jornada.com.mx/noticia/2026/01/03/opinion/venezuela-la-hora-del-pueblo et Lorenzo Santiago pour Brasil de Fato https://www.brasildefato.com.br/2026/01/03/vice-venezuelana-garante-que-governo-segue-com-o-chavismo-unico-presidente-e-maduro/
Traduction : Thierry Deronne
Source : Venezuela Infos
https://venezuelainfos.wordpress.com/…
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